samedi, 03 mai 2008
L'air de la mer m’appelle…
09:06 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
"Lettre à une passante"
Je vous ai croisée un jour par hasard.
Etait-ce dans un café, une gare, un square ?
Ou bien dans le métro, un matin ou un soir ?
Vous étiez lointaine, et secrète.
Pourtant, un instant, dans vos yeux grands ouverts,
j’ai plongé, et j’ai lu une histoire de votre âme.
Quelque chose d’éternel : une émotion cachée,
une parcelle de mémoire, une trace d’humanité.
Je les ai trouvées belles et je les ai gardées sur du papier.
Bienvenue à vous visiteurs dans mon univers d'écriture et de peinture.
Je réalise la plupart de mes portraits au pastel.
Pour découvrir une partie de la collection ou laisser un message sur mon livre d'or...Merci à vous pour vos commentaires sur les notes. Ils sont ma récompense.
Bonne visite !
© Copyright - Création protégée par les lois sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Il est strictement interdit de la reproduire, dans sa forme ou son contenu, totalement ou partiellement, sans un accord explicite de son auteur. Membre de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et de La Sacem depuis 1995.
08:57 Publié dans Sourire | Lien permanent | Commentaires (194) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES
mercredi, 23 avril 2008
Louise Bourgeois "sexe pose" à Beaubourg
En ce moment, à Beaubourg, Louise Bourgeois retranscrit toute son "histoire" autour d'une œuvre protéiforme pleine d'interrogation et de provocation. Elle aborde sans tabou les thèmes du corps et de l'âme qui appartiennent au domaine du non-dit... On entre en " Bourgeois" comme dans le cabinet d'un analyste. Et les maux du divan s'incarnent grandeur nature.
Ici, l'inconscient ne sommeille pas : il peint, il sculpte, il écrit, il décortique, il coud, découd, perd et récupère : il "vit"... L’artiste lui laisse toute la place, pourvu que vienne la résurrection dans ces installations. Elle semble l'appeler de ses voeux, et c'est elle, la petite Louise devenue grande, qui nous tient par la main pour un parcours sensoriel où la beauté tutoie le macabre, où le souvenir danse avec l’oubli.
Rien de choquant, tout le monde connaît, mais personne n'en parle ou n'ose en parler : une enfance de merde, et voilà que "la merde "surgit sous un spot ! Un père volage et polygame, et le phallus prend la place qu'elle ose lui donner un peu partout ; une identité de femme remise en cause à sa naissance, et l'anima colle à l'animus comme la moule au rocher.
Au fond rien ne se perd, tout se transforme pour le plus grand bonheur de l'artiste que l'on devine se libérer d'un trop plein de silence en stigmatisant sans aucun sérieux les thèmes de la sexualité, de la maternité, de la haine-amour du père, des doutes, des déceptions, de l'amour de la mère, des dégoûts, des désirs de toutes sortes, et au fond, de l'angoisse de la mort.
Mais la drôlerie veille aussi, car chez Louise Bourgeois rien n'est triste, tout est cru comme ces dessins d'enfant qui font parfois sourire d'horreur autour de l'indicible.
Louise Bourgeois offre à voir, à sourire, à grimacer et sans doute à re-souffrir un peu avec elle dans ce parcours qu'elle retrace comme un ultime exorcisme, une catharsis impudique de l'impudeur qu'on lui imposât trop tôt.
C'est comme un chemin de mémoire, un palimpseste inachevé qui nous renvoie à nos propres troubles et à notre finitude.
Une œuvre énorme et vivante (Louise a aujourd'hui 97 ans), que je vous invite à découvrir (jusqu'au 2 juin)
© Miriam Naïli
Je profite de cette note pour vous annoncer que j'expose à nouveau à Paris à compter de ce soir jusqu'à fin mai.
Si vous souhaitez me rencontrer et découvrir mes peintures "en live", envoyez-moi un mail : mimidup2000@hotmail.com
A bientôt !
lundi, 21 avril 2008
Le bonheur simple...
jeudi, 27 mars 2008
La Belle au prince dormant

Il était une fois, une toute petite fille qui s’était jurée qu’un jour elle rencontrerait son prince charmant, comme Blanche-Neige, Cendrillon et les autres. Il n’y avait aucune raison que cela ne lui arrive pas à elle aussi. Il était une fois…
Les années ont passé. Il est tard. La toute petite fille est devenue une “vieille fille ”, comme disent les gens que rien n’atteint.
Elle sort du cinéma. Elle voudrait bien qu’on l’aime comme ça. Exactement comme ça. Comme dans ce film. Alors, elle va tout faire pour que ça arrive. D’abord, elle achète des magazines. Là-dedans, il y a plein de conseils pour rester jeune et belle, pour trouver l’âme sœur, garder l’homme que l’on aime. Menus minceur. Son horoscope lui dit que c’est pour bientôt, mais qu’il ne faut pas trop forcer sur le chocolat et les gâteaux. Menus minceur. Elle s’inscrit à un club de sport. Elle sue, elle y met tout son cœur, elle y met tout son corps. Menus minceur. Le soir elle mange léger en regardant la publicité. Menus minceur. Epuisée, elle s’endort devant la télé allumée. Et elle rêve.
Dans son rêve, elle est “parfaite” comme disent les gens qui pensent bien. Elle est belle, jeune et mince, comme Blanche-Neige, Cendrillon et les autres. Comme la fille du film, comme celles des magazines. Et elle rêve…
© Texte et illustration : Miriam Naïli
08:15 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 26 mars 2008
Vingt mille lieues sous ma mère

On dit que la plupart des rencontres se font dans les lieux publics.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, on ne se rencontrera pas au bal, je ne danse plus depuis mon opération.
On ne se rencontrera pas à l’église, maman ne croit plus en Dieu depuis la mort de papa.
On ne se rencontrera pas au café, je n’irai pas, maman trouve ça vulgaire.
On ne se rencontrera pas chez des amis, je n’en ai pas, maman pense que ça ne sert à rien et que ça finit par coûter cher.
On ne se rencontrera pas chez des voisins, maman ne les aime pas.
On ne se rencontrera pas en vacances, je n’y vais pas, maman pense qu’on est aussi bien chez soi.
On ne se rencontrera pas au travail à présent que je suis à la retraite.
De toute façon, je pars du principe que les rencontres, c’est d’abord une question de hasard.
Alors, ça viendra quand ça viendra.
Et puis maintenant, il y a internet.
© Texte et illustration : Miriam Naïli
17:15 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES
Nénet.com

gentleman_respectueux : Bonjour toi !
belle épanouie : Bonjour
gentleman_respectueux : Ca va ?
belle épanouie : Non
gentleman_respectueux : Pourquoi ?
belle épanouie : Personne ne me parle ici ?
gentleman_respectueux : Si, tu vois, moi chui là !
belle épanouie : lol*, merci !
gentleman_respectueux : Tu viens souvent ici ?
belle épanouie : Oui.
gentleman_respectueux : Tu es où ?
belle épanouie : A Courbay-les-Miches.
gentleman_respectueux : Ah !
gentleman_respectueux : T’as quel âge ?
belle épanouie : 65
gentleman_respectueux : Ah !
belle épanouie : Heu, 56, excuse !
gentleman_respectueux : Ah !.../...
belle épanouie : T’es toujours là ?
belle épanouie : T’es toujours là ?
belle épanouie :: T’es toujours là ?
…
*lol = sourire
© Texte et illustration : Miriam Naïli
08:50 Publié dans Désir | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 25 mars 2008
Lui
Je suis amoureuse comme ça n'est pas permis.
Il est beau. Il est grand. Il est fort.
Il est intelligent. Il est doux.
Il est mûr. Il est prévoyant.
Il est drôle et subtil.
Il est fin et viril.
Il est prévenant.
Il est vaillant.
Il est tout.
Elle a tout.
Sa femme a bien de la chance.
© Texte et illustration : Miriam Naïli
09:30 Publié dans Désir | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 18 mars 2008
Demi-pension
Je me fais toute jolie quand tu reviens le soir ; et même, si tu me dis qu’il n’y a plus d’espoir, je fais toujours le même rêve…Ce serait que ces mots-là que tu dis si souvent, connaissent une autre sève, au moins pour un instant, comme celui qui s’abrège… Ce serait que ce jeudi, tu restes plus longtemps… Mais tu as l’air pressé...
Tu dis : « - J’ai tant à faire ! ».
Tu dis : « - Je n’ai qu’une vie, il est loin le printemps, et je n’ai plus vingt ans… ».
J’entends…
C'est bien là le mystère... Et j’en ai vu pas mal, des « Berthe » et des pas mûres, des filles qui t’admiraient, montaient dans ta voiture, et puis toi qui mentais… A qui ?
Oh ! Tu sais leur parler : « -Tu es belle, et tu sais… Vois, comme je te désire… ».
Je connais.
Je sais que tu reviendras, et tu n’as pas le choix... C’est bien là toute ma force. Ici, tu es le roi, ça au moins tu le sais…La chambre n’a pas changé… La porte est grande ouverte… Et le ménage est fait...
Lorsque tu es parti, je n’ai pas réalisé, à quel point tu comptais, et ô combien je t’aime...
Sais-tu que j’ai changé ? Oh si !
Tous tes appels me touchent, et me remuent au fond…
J’ai besoin de ta bouche, au moins à regarder. Et lorsque nous parlons, j’avoue, je pense à nous. Je pense à nos baisers, aux premiers rendez-vous… A tout ce que tu vo(u)lais... Passons.
Reveux tu un café ?
Tu es mon premier homme, tu es LUI de ma vie, devenu mon idole par la force des choses… Un homme apprivoisé qui tient bien ses promesses. Le père de mes enfants qui me donne des pépettes...
J’attends ces rendez-vous, comme on tremble à entendre, les tous premiers mots tendres :
« - T’es la femme de ma vie, sans toi, je ne vis pas, aime-moi ». Tous ces mots-là résonnent encore même aujourd'hui... Regarde comme ils te ressemblent...
On parle souvent de toi. On voudrait que tu sois là. Pour le bain du petit, la leçon à revoir… Et puis les mercredis, tes clowneries de parc, dans le ciel de nos vies, tes fantaisies nous manquent…
Mais tu refais ta vie, encore une fois de plus. C'est comme une farce folle, où lorsque j’imagine, qu’une autre femme rigole à tes beaux mots d’esprit… Je pleure.
Avec elle c’est sérieux ? ! Tu appelles moins souvent, bien moins souvent que les autres et je vois dans tes yeux… Le regard amoureux… Celui que tu portais avant que "NOUS" déconne.
Je me suis faite jolie, et tu reviens ce soir. Et tu n’as pas le choix… Tu restes mon leur "papa".
Chaque fois que tu reviens… C’est encore de l’espoir.
Tu comprendras un jour, enfin j'ose le croire…
Je t’aime.
A ma mort, à ta vie, NOUS c’est pour très longtemps.
Sans toi, moi, je survis, juste à cause d'eux. Eux, c'est nous. Non ?
Je veux que tu reviennes. Je veux que tu reviennes…
C’est l’heure.
Tu pars ?
Je me ferai furie, juste pour exister.
Je te dirai « - C’est moi ! » quand je téléphonerai.
Je veux que « l’Autre » sache que tu ne m’as pas laissée et que tu m’aimes encore. Hein dis !
Que nous, c’est pour la vie, mon amour… Je veux que tu subviennes…J'ai peur.
Dis ! M’offriras - tu des fleurs pour mon anniversaire ?
Et la pension, t'y penses hein ?
© Texte et pastel : Miriam Naïli
19:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 17 mars 2008
1969-1999

Il dit qu’avant, j’étais belle, que ce qui lui avait plu au départ chez moi, c’était mon sourire et mes airs de petite fille quand je riais.
Il dit qu’il aimait ma fraîcheur, ma timidité, ma candeur, ma taille fine, mon Patchouli, les longues robes que je mettais.
Il dit aussi qu’il aurait fait n’importe quoi pour me faire plaisir.
Il dit qu’à l’époque, il savait bien que j’en aimais un autre, mais qu’il n’aurait pas supporté que je me retrouve avec « ce moins que rien ».
Il dit que pour sa carrière, c’était mieux qu’il soit marié.
Il dit qu’il a tout fait pour me combler, il parle des enfants que je voulais, ... de la voiture, des vacances à la mer,
de la maison et du jardin, du lapin, de la souris, du chat, du chien…
Il raconte ses heures sup pendant des années pour m’éviter de travailler.
Il dit qu’il a trimé et que sa mission est terminée maintenant que les mômes ont grandi, sont élevés.
Il dit qu’il a fait ce qu’il pouvait, qu’il en a marre des mêmes repas, de la télé, des vacances chez ma mère…
Il dit qu’à la longue, son amour pour moi s’est raccourci.
Il dit qu’il en aime une autre…
Qu’il aime sa jeunesse, sa personnalité, son insolence, sa fantaisie, son humour, son parfum, les mini jupes qu’elle met.
Il dit qu’il se sent revivre, qu’il sait que le temps est compté et qu’il ne veut pas de regrets…
Il dit « je regrette ! »
Il dit qu'il s'est lassé...
Il dit qu’il me laisse tout.
Il dit qu’il me laisse.
C’est tout ce qu’il dit...
C'est tout.
© Texte et illustration : Miriam Naïli
jeudi, 13 mars 2008
Jeudi, jour du rapport
Je suis rentrée de chez maman un jour plus tôt que prévu.
Un sacré boulot m’attendait un peu partout dans la maison. Alors, j’ai fait le ménage en écoutant « A l’ombre d’un géant », le dernier disque de François Valery en concert. Lui, je le suis depuis ses débuts… J’adore !
En passant l’aspirateur dans la chambre, j’ai trouvé sous notre lit un slip au milieu des moutons. Une toute petite culotte rouge en dentelle avec un petit nœud devant et une grande échancrure derrière. Dessus, y avait écrit « Anti-Flirt - Taille 34 - ne pas passer en machine »… Sous sa table de nuit, j’ai aussi trouvé un tee-shirt rose fushia, avec une inscription en paillettes : « A consommer sur place ! »…
Après la lessive, j’ai étendu le linge dans le salon à côté du radiateur, avec ses chemises blanches du travail.
Quand il est rentré aux alentours de deux heures du matin, (comme tous les lundis, il était resté au bureau pour terminer un rapport ), il m’a réveillée et il m’a crié dessus :
« - T’as vu ce que t’as fait ?! T’as niqué mes chemises, elles sont toutes roses ! Je vais faire comment moi, maintenant ?! ».
Je me suis excusée et j'ai répondu : « - T’inquiète mon amour, je sais comment on va faire. Dès demain, j’appelle maman, elle a des super trucs de grand-mère pour redonner du blanc au blanc… ».
C’est vrai, maman sait comment y faire pour ces trucs-là.
Je me demande comment je ferais sans elle…
© Texte et illustration : Miriam Naïli
mercredi, 12 mars 2008
Griserie

Délicatement,
Les yeux fermés...
Frottement de nez
C'est comme un jeu
Résister encore un peu...
Délicatement,
Il dégrafe mes sens,
Et me regarde
C'est comme un jeu
Attendre encore un peu...
Délicatement,
Ses yeux caressent mon visage...
Pupilles rondes et brunes
Chaste amant
Son regard va de mes yeux à ma bouche,
De ma bouche à mes yeux...
Délicatement,
Frottement de nez...
Nous penchons nos têtes
D'un même mouvement opposé
Comme une danse de tête
Presque ridicule
Griserie
Ses lèvres plus près des miennes,
Et nous respirons,
Délicatement
Un peu plus fort,
Beaucoup plus fort...
Baiser
Frottement de bouches
Baisers
Envoûtement...
Mélange des sens
En tous sens
Chaleur au bas des reins...
Envie d'étreinte...
Frisson, déraison...
Il est déjà minuit !
© Texte et illustration Miriam Naïli
10:55 Publié dans Désir | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 11 mars 2008
Transports en commun

© Texte et illustration : Miriam Naïli
18:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 10 mars 2008
Perturbation

Moi, si j’étais un homme, je choisirais une nana comme moi et je m’aimerais éperdument.
Je me ferais la cour.
Je m’inviterais au restaurant, je me couvrirais de cadeaux, je m’emmenerais en voyage sur des îles merveilleuses...
Et, je me ferais l’amour sur la plage, à l’hôtel, sous la douche, dans les parkings, les sous-sols, les ascenseurs, les cabines téléphoniques, les voitures, les cabines d'essayage, les trains, les greniers, les placards, les caves…Moi, si j’étais un homme, je me ferais l’amour, comme une bête...
© Texte et illustration : Miriam Naïli
10:00 Publié dans Délire | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES
samedi, 08 mars 2008
8 mars, Journée de l'Infâme...

Elle se lève comme tous les matins, bute contre la table de nuit comme tous les matins (elle s'est jurée de changer la déco de la chambre dès qu'elle aura deux minutes). Elle glisse dans le couloir, bute contre la table à repasser qui vomit le "tas" de la semaine. Jurons étouffés, poings serrés, soupirs... Le lait déborde dans la casserole pendant qu'elle habille le petit dernier. Vite, vite.
Le grand dit qu'il n'a plus de slip propre. L'homme veut savoir où elle a rangé sa cravate orange (celle que sa secrétaire aime bien...). Elle vérifie que tout le monde a son cartable et que les manteaux sont bien fermés. Vite,vite. Et puis c'est le silence... La table maculée, le fond de café froid lapé d'un trait, la vaisselle à laver. Le camion à poubelles en bas. La rumeur des klaxons là-bas.
8 mars - "Vous les femmes..." A la radio, elle écoute des chansons. Celle de Julio lui donne envie de pleurer. Vite, vite. Et Julien Clerc et son "Je vous aime"... "Femme, femme, femme". A la radio, ils disent que c'est la journée de la femme. Et elle pense que pour une fois, ce soir, il sera peut-être gentil avec elle. Et elle pense que pour une fois, l'homme ne lui lèvera pas la main dessus.
L'homme, son mari, celui qui ne l’a pas choisie.
Dis ! C'est quand qu'on lui fait sa fête à lui ?
© Texte et Illustration ("Hiroshima mon enflure" ) : Miriam Naïli
Ce texte a été publié sur Psychologies.com en 2005
07:15 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 07 mars 2008
Pâquerette

Je l'aime
Un peu,
Beaucoup,
Passionnément,
À la folie !
Lui...
Pas du tout.
© 2007 Texte et illustration : Miriam Naïli
08:35 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 04 mars 2008
Monsieur Takamédé

Barbès – Samedi 18h00. Un homme m’a remis ce petit billet à la sortie du métro :
“Vous-vous sentez seul(e) et abandonné(e). Vous avez des doutes sur votre partenaire - Vous voulez connaître la vérité ? Je travaille n'importe quelles difficultés, même si vous avez du mal qui circule dans votre corps, je vous l'enlève dans deux jours devant vous. Et pour vous donner de la chance, je le fais dans la semaine. Travail entre homme et femme en quelques jours - Vrais résultats. Brillants succès, soixante ans d'expérience, vu à la radio, aucune fausse promesse, des réponses immédiates à toutes vos questions - Toutes recherches possibles – Amours perdues, retour immédiat et définitif de l'être aimé à la date souhaitée - Toute demande spéciale - Travail solide, rapide et efficace - Consultation personnalisée sans rendez-vous - Résultat garanti, Réussit là où les autres ont échoué - Paiement après satisfaction.“
Chez lui c'est tout noir, à cause des rideaux fermés, pour le fluide, il a dit. Aux murs, il y a plein d'animaux empaillés. Au début, ça fait bizarre et puis on s'y fait. Avec lui j'ai vécu une expérience planétaire unique, discrétion absolue.
D'abord, il m'a dit "je vais lever le voile sur votre avenir”. Et puis, il m'a regardé profond dans les yeux. Après il m'a dit "Votre problème, c'est l'amour. Vous avez besoin d'amour, tendresse, fidélité". Après, il m'a fait boire un drôle de liquide dans un grand vase bleu avec des pierres dessus. Ensuite, il m'a dit "Déshabillez vous, je le veux". Après...
Après, après, je ne sais plus…
© Texte et illustration : Miriam Naïli
08:05 Publié dans Délire | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 24 février 2008
Tristan et Isa Pleutre

J'ai aimé cet homme passionnément. Je l'aime encore. C'est ma douleur, mon triste sort. Les sentiments ne se commandent pas, on les subit, c'est la vie. Avec Tristan nous avons partagé des moments inoubliables d'exquise complicité. Nous étions, lui et moi, forts comme deux petits soldats, prêts à affronter tous les dangers, seuls face au monde. Avec lui, j'étais en sécurité, il me protégeait et moi, je l'admirais. Nous étions unis pour la vie. Enfin, c'est ce que je croyais.
C'était un vrai bonheur, celui qu'on ne vit qu'une seule fois sans doute. L'amour à l'état pur, quoi. Avec Tristan, nous avons suffisamment vécu ensemble pour que je puisse affirmer sans me tromper, que je connais tout de lui.
Je sais ses moindres désirs, ses peurs et ses peines aussi. Son plat préféré ? Le poulet basquaise. Côté ciné, Woody Allen le ravit, surtout September, il l'a vu des dizaines de fois. Il a tous les disques de David Bowie... Ce qu'il déteste le plus au monde ? Un frigo vide et des chaussettes percées. Ses passe-temps favoris ? Bricoler sa moto, collectionner les capsules de bières du monde entier... Je le connais par cœur pour l'avoir tant observé, consolé, écouté, choyé. On peut aisément comprendre pourquoi j'ai tant de mal à l'oublier. Je pense à lui chaque jour, et le soir quand je m'endors, je sais que quelque part dans mes rêves je vais le retrouver et que tout sera comme avant. Il était l'homme de ma vie, et cette garce a tout gâché. Sans prévenir, elle s'est immiscée entre nous, elle a cassé notre bonheur, d'un coup d'un seul.
Je la hais.
Tristan ne m'a rien dit, pourtant j'ai essayé maintes fois de lui tirer les vers du nez. Rien à faire. Il est secret, excessivement pudique, alors je n'ai pas insisté. Impuissante, j'ai n'ai pu que constater qu'il s'éloignait peu à peu de moi, jour après jour, imaginant pour me consoler qu'il avait peut-être des soucis ou trop de travail. Et puis le verdict est tombé, brisant mon cœur et mes espoirs. Ce jour-là, nous étions un petit groupe d'amis du volley-ball. Comme tous les dimanches midis, nous nous étions retrouvés après l'entraînement pour casser la croûte dans le troquet du coin. Elle, elle était au club depuis six mois environ. Tous les garçons lui tournaient autour. L'attrait de la nouveauté sans doute. Moi je la trouvais vulgaire avec ses minijupes, son rouge à lèvres et sa grande crinière noire. Elle m'agaçait avec sa bonne humeur continuelle. Et puis, comme tout le monde semblait l'apprécier, j'ai fini par m'y faire, sans plus. La diplomatie n'a jamais été mon fort, et de toute façon je n'avais pas l'intention de faire le moindre effort pour cette fille. Elle ne m'intéressait pas. Par contre, j'avais remarqué sans vraiment me l'avouer - la vérité fait toujours un peu peur - que Tristan ne semblait pas insensible aux charmes de Melinda.
Cette garce s'appelle Melinda.
Elle vient d'Amérique du Sud, d'un petit bled sur une île, Kuluku, je crois. Un jour, on a eu droit à une conférence sur son pays, le folklore, la bouffe et le toutim. Les filles s'extasiaient à l'entendre parler d'exotisme, des oiseaux et des fleurs, tandis que les yeux des garçons faisaient l'ascenseur entre son décolleté-nombril et ses jambes insolentes de longueur et de finesse. Tristan souriait à chacune de ses phrases prononcées avec un accent spécial, un peu forcé à mon goût. Elle en jouait c'est sûr.
Moi, je bouillonnais.
C'est fou ce que les hommes peuvent être superficiels et influençables parfois. Mais en même temps, être bronzée toute l'année, avoir une crinière de lionne et pleins de trucs insolites à raconter, ça attire, c'est normal... Je décidais donc en mon for intérieur d'être sur le qui-vive, de monter la garde en quelque sorte, car je comptais bien ne pas laisser l'Étrangère chasser sur mes terres. Attention, chien méchant.
Or, un certain mois d'avril, j'ai dû m'absenter pour un séminaire de trois semaines sur l'épanouissement, la connaissance de soi et l'extériorisation. Un truc à la mode. J'y suis allée, je n'avais pas le choix. A mon retour, j'ai senti que quelque chose avait changé, c'était indéfinissable mais bien présent.
Nous étions le troisième dimanche du mois. Autour de la table, une dizaine de personnes se disputaient des restes de choucroute en échangeant bon train sur la politique et le sport. J'étais juste en face de Tristan. Lui était assis à côté d'elle. Pendant le repas, tout paraissait normal. Et puis, au moment du dessert, un peu lascive, elle s'est penchée vers Tristan, lui a susurré, deux trois bricoles à l'oreille, lui arrachant quelques sourires discrets. Au café, il a délicatement posé sa main sur la sienne. A la vue de cette proximité, mon sang n'a fait qu'un tour. Sans demander mon reste, je me suis levée de table, j'ai couru vers les toilettes. La tête me tournait. De mon nez, le sang s'est mis à couler à grosses gouttes. Je suis sortie du lieu maudit, j'ai pris un taxi et je suis rentrée. Tristan lui, n'a rien remarqué, il n'avait d'yeux que pour l'autre. L'hémorragie a duré une semaine. De toute ma vie, je crois que je n'ai jamais autant souffert dans mon cœur et dans mon âme. En tout cas, Tristan ne m'a donné aucune explication. Il s'est installé avec Melinda. Désespérée, j'ai tout essayé pour me rapprocher de lui. Je lui ai envoyé des lettres.
Il n'a pas répondu.
Un jour, je lui ai même craché au visage en l'insultant devant tous ses amis. Il n'a rien fait. Et puis j'ai vu qu'il était déterminé, qu'il avait choisi, et que "l'aventure" risquait de durer. Alors, j'ai décidé de ne pas me laisser mourir de chagrin. En plus, il fallait aller vite... Je n'étais plus toute jeune. Et je ne voulais pas finir comme une Pleutre. Parce que chez les Pleutre, les femmes finissent souvent seules.
Ce ne serait pas mon destin.
Moi, Isa Pleutre, j'étais fermement décidée à montrer à toute la famille que j'étais différente, désirable, sociable, mariable. Alors, j'ai acheté des magazines pour changer de look, j'ai mis des minijupes et du rouge à lèvres et je me suis fait friser les cheveux. J'ai même réussi à me rendre un peu aimable, du coup, j'ai rencontré Simon Naze. Il était seul. Moi aussi. Alors nous avons décidé de nous marier. Pour notre voyage de noce, j'ai choisi d'emmener Simon en Turquie. C'est le seul pays que Tristan avait visité sans moi. Et puis ce qui devait arriver arriva. Quelques semaines après, Tristan a épousé Melinda.
Je suis sur toutes leurs photos de couple juste un peu derrière Tristan. Après tout, c'est moi qui aurais dû être la princesse de cette journée.
Le temps a passé. Avec Simon, j'ai eu cinq enfants.
Je les élève seule parce que Simon préfère le foot et le vélo. C'est pas bien grave, parce que chez les Pleutre, ce sont les femmes qui gèrent. Le troisième s'appelle Barnabé. C'est mon seul garçon. J'ai un peu de mal avec lui. Il est distant, sauvage, indomptable. A vrai dire, il me donne du souci. Il bégaie, est allergique à tout, il fait même de l'eczéma, tout ça le rend irritable. De toute façon, rien n'est simple avec lui, alors moi je sévis. Il faut bien que je me défoule sur quelqu'un, d'autant que Barnabé est le portrait craché de mon Tristan. Il a le même caractère, les mêmes yeux, les mêmes cheveux, le même rire.
Je l'aime un peu quand même, tout simplement parce qu'il est l'enfant que je n'aurais jamais pu avoir avec Tristan.
Mon frère.
© Texte et illustration : Miriam Naïli
10:00 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 20 février 2008
Entre nous

Avant
On n’avait pas le sou
On se parlait beaucoup
On s’aimait comme des fous
On se foutait vraiment de tout
C’était doux, nous
Entre nous…
Maintenant
C’est la télé
C’est tout
Après tout
Malgré tout
Entre nous…
S’aimer
Comme on dit
C'est regarder dans la même direction.
Non ?
© Texte et illustration : Miriam Naïli
mardi, 19 février 2008
Marthe

Pendant tes insomnies
Comment tu vois ta vie
Si demain te sourit Tu as pris la cadence
Du paraître et du faire
Et tu te sacrifies
Pourquoi, et pour quoi faire ?
Je t’ai connue heureuse
Belle et épanouie
Riant sous les étoiles
Et le cœur plein d’envies Tu voulais voyager
Découvrir d’autres fleurs
Te voilà toute fanée
Et dis ! Pourquoi tu pleures ? Tu critiques tes amies
Celles qui osent te dire :
" - Tes enfants vont grandir
Tu sais, on n’a qu’une vie ! " Demain, tu seras seule
Et tu regretteras
De n’avoir su trouver
La route qui mène à Toi Dis-moi à quoi tu penses
Pendant tes insomnies
Comment tu vois ta vie
Si demain te sourit
© Texte et illustration : Miriam Naïli
10:40 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 17 février 2008
Aimer

A la lettre près
Ce serait "Amer"...
Comme s'il manquait le "i"
Soleil
Se dirait Sol
DéSolé
Sans amour
L'âme erre
Comme à terre
L'adulte erre
Sans amour
C'est le vers
Solitaire
Un cri dans le désert :
"Aimez-moi !"
© Texte et illustration : Miriam Naïli
20:05 Publ









