lundi, 14 septembre 2009

Pas de deux

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"Ces rares instants où l'on est heureux de partout"

Jules Renard

 

 

 

Une trace de temps au coin de l'oeil

De la poussière sur les cheveux

Tout près de la rue de Mareuil

Il se sent libre il est heureux

 

Il pourrait vivre mille vies

Boire aux fontaines jusqu'à la lie

Suivre le vent d'une symphonie

Ce serait deux heures un vendredi :

 

" - Mademoiselle, vous êtes belle

Je passais et je vous ai vue

Je crois bien que vous êtes celle

Pour qui je me mettrais à nu...

 

Le procédé n'a rien de bête

Elle rit à gorge déployée

Et dans sa tête, c'est la fête

Et pourquoi pas, puisqu'on y est

 

...

 

Sur le parquet du cinquante mètres

On a retiré les vêtements

Un oiseau passait par la fenêtre

On se quittera évidemment

 

 Et il emporte cette histoire

Une bouche affolée, des cheveux

Ca fera joli dans son grimoire

Tout ce qu'il veut, c'est être heureux

 

 Pas  deux

 

 © 2006 Texte et illustration : Miriam Naïli

lundi, 22 juin 2009

Monsieur Denis

 

Médina web.jpgJ'avais cinq ans et toi probablement soixante-dix printemps. Je me souviens de toi, auguste vieillard, passant de mes balades enfantines. Chaque jour à la même heure, tu sortais te promener avec ton chapeau de monsieur et ta canne droitière. En te voyant, j'abandonnais ma mère, quelques pas derrière,  pour accourir à ta rencontre. 
Rituel précieux des fins d'après-midi... D'un geste fébrile, ta fine main diaphane, plongeait dans la poche profonde de ton long manteau gris, pour chercher un bonbon à la réglisse. Modeste trophée... Récompense d'exister. Ton visage exprimait la joie profonde que te procurait ce moment de grande complicité silencieuse. Et mon sourire ensoleillé en te voyant, réanimait pour un instant la flamme incandescente de l'âtre de tes yeux, comme pour prolonger tes vieux jours. Un jour, puis deux, je t'ai attendu, mais tu n'es pas venu. Je ne t'ai plus revu et je n'ai pas compris.
Étranger familier. Passant d'un jour. Grand-père des trottoirs et de mes jeunes années... Par ton geste généreux, tu as répandu une pluie de roses sur ma vie.
Tu m'as donné le goût des petits riens qui changent le gris en bleu. C'est mon héritage de toi et je t'en remercie. Alors, chaque fois que je mange un bonbon à la réglisse, mes pensées s'évadent vers ces lointains instants...
Monsieur Denis, je pense à vous.

© 2000 Miriam Naïli

Portrait au pastel : "La Petite porteuse d'oranges" 2006 (VENDU)

vendredi, 05 juin 2009

Avant-propos

 

 

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Lettre à une passante

 

Je vous ai croisée un jour par hasard. 

Etait-ce dans un café, une gare, un square ?

Ou bien dans le métro, un matin ou un soir ?


Vous étiez lointaine, et secrète.


Pourtant, un instant, dans vos yeux grands ouverts,

j’ai plongé, et j’ai lu une histoire de votre âme. 

Quelque chose d’éternel : une émotion cachée,

une parcelle de mémoire, une trace d’humanité.

Je les ai trouvées belles et je les ai gardées sur du papier. 

 

Miriam Naïli

 

 

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© Copyright - Création protégée par les lois  sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Il est strictement interdit de la reproduire, dans sa forme ou son contenu, totalement ou partiellement, sans un accord explicite de son auteur. Membre de la  SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et de La  Sacem depuis 1995.  

lundi, 27 avril 2009

LES MAINS

 

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Ce soir, une chaleur douce et subtile, envahit tout mon être.

Je suis seule dans cette petite pièce feutrée qui me sert de bureau.

Je ne pense à rien, absolument à rien.

Et puis mon cœur se remplit lentement d’un sentiment intense de plénitude. Quelque chose de pur et de fort ; si fort, que j’impose à mon âme le silence, comme lorsque l’on franchit les portes d’un temple.

C’est doux et paisible, infiniment bon. 

Bercée dans la douceur du soir, je laisse mes pensées s'évader.

 

Je vois des contrées lointaines.

Un vent léger souffle dans le désert.

Des cris d’enfants percent derrière la colline ensablée.

Là-bas, sous une tente, un homme prépare du thé.

Le buste penché sur l’eau bouillonnante, concentré, silencieux, il exécute le rituel des sages, de main de maître, comme un prince rescapé d’un royaume évanoui. Et je regarde ses mains.

Elles sont posées là, sur ses genoux.

Je les observe, tandis qu’il commence à parler calmement, prenant son temps et pesant ses mots.

Blanches et pures, ces mains sont singulières, presque féminines par la finesse et la fragilité des lignes. L’homme qui est devant moi, est beau comme dans les contes. Sa longue barbe blanche nargue le noble saroual bleu marine où la poussière n’a pas le temps de se poser. Ses mots, ses gestes, me baignent dans un moment d’infinie tendresse, une autre appréhension du monde. Et je regarde ses mains.

Ses mains parlent du bonheur d’être vivant, présent aux êtres et aux choses. Elles ont la clé du temps, qui s’arrête pour contempler la vie. Ses mains n’ont rien d’artificiel. Le sang coule lentement à travers les veinules bleutées éternelles.

Et il se met à parler. Il dit :

- “L'autre peuple ma vie de milliers de couleurs, d’images, d’odeurs et de bruits. Ces sensations, je les aime et les cultive au présent car elles sont la manne du vivant, le parfum de l’humanité qui palpite en chacun de nous. Jeune ou vieux, riche ou pauvre, d’ici ou d’ailleurs, malade ou bien portant, bon ou mauvais. Partout les hommes se croisent, se côtoient, se saluent même parfois, mais ils ne se connaissent pas. Pourtant, le regard de l'autre trahit ses douleurs, ses doutes, ses questionnements et les vides auxquels on fait face souvent seul.”

Il dit :

- “Le bonheur, c’est maintenant.

C’est quand je te regarde, c’est quand je pense, quand je sais, que tu es là.

Ta présence m’enchante et me ravit.

C’est simple.

Prendras-tu du thé, ma gazelle des sables ?”.

Magnifique attention que ce geste majestueux, distillant le brûlant breuvage dans un modeste pot de terre moulé aux heures fraîches de la nuit."

Et je regarde ses mains.

Ses mains sont chaudes comme les étoffes qui sèchent au soleil, plus loin.

Les ongles lisses et soignés, ressemblent à ceux d’un nouveau né. Un léger duvet, de tête de poussin, auréole la peau tendre du vieillard bientôt centenaire, d’un blond qui me rappelle les champs de nos campagnes juste avant la moisson.

Des mains discrètes mais sûres, dispensant la bonté en flots d’amour.

Elles s’ouvrent par moment pour ponctuer des phrases pleines de sens.

Ces mains qui n’ont pas eu peur de porter une caresse à l’affligé, le réconfort d’une sensuelle sollicitude posée là sur l’épaule.

Et je sens qu’il est temps de rentrer.

Je m'éteins lentement dans la douceur du soir.

Je referme ce livre de chevet qui parle d’Orient, de myrte et d’amour.

 

Voisin de mes songes.

Toi, mon autre,

Toi, mon bien.

Tu m'offres les délices réservés aux rois,

ceux que l'on vit pleinement

mais dont on ne parle pas.

© 2006 Texte et peinture : Miriam Naïli

lundi, 16 mars 2009

La Liseuse

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Liseran 

 

 

Cela m’a pris d’un coup, pourquoi céder cette fois ?

Je m’étonne à cette heure du trajet parcouru, j’eus pu aller plus loin pour vous trouver Monsieur. Quelques heures de train, le cœur un peu serré, j’imaginais la scène et ces deux étrangers :

"Vous et moi" réunis à ma seule demande. Je voulais vous connaître depuis longtemps déjà. Vous m’aviez "transportée", vous ne le saviez pas.

J’arrive enfin chez vous.

Je n’eus imaginé qu’on puisse vivre ici, loin du monde, loin de tout, et puis écrire ainsi...

Paris vous indiffère. Votre plume est sauvage. Tel un gardien de chèvres, vous la faîte courir, escalader les pages, virevolter et rire aux confins du papier. Vos mots "lumière" m’attirent, et ce silence est beau. Je relis toutes vos lignes, dignes des plus beaux châteaux. L’élégance et la fougue, se font si bien écho. Et je revois ce jour où nous prîmes ce thé, préparé par vos soins, l'effort surhumain, l'odeur de renfermé. Je regardais vos mains, j’étais intimidée. Je n’ai su que vous dire et vous fûtes muet.Et je revois cet homme, sa silhouette fragile et "son mal-à-marcher" » : "Vous" que j’imaginais, le soir en vous lisant."Vous"... Votre intérieur... Rien qu’un village laid, inattendu présage, dans cette vallée froide, une âme abandonnée, morbide solitude devant cette cheminée, éteinte, et l'odeur de salpêtre.

"Vous"... Rien que le Dieu silence et ce chaste baiser, juste avant de partir, le livre dédicacé à vos deux initiales :

 

"La vie est belle, vue de l'intérieur".  

 

 © 2006 Miriam Naïli

 

jeudi, 12 mars 2009

Viendrez-vous nous voir ?

"- Ce gosse est distrait comme son père.
Arthur. Viens ici tout de suite ! Laisse ce chien.
Arthur. Je t’ai déjà dit qu’il ne fallait pas t’éloigner de maman.Viens là mon chéri ! Voilà.
Oui, alors je disais...Non, il n’y a pas de doute, je ne supporte plus ce quartier, le bruit la nuit avec ces petits commerçants ouverts vingt quatre heures sur vingt-quatre, la circulation, la pollution...
Toutes ces prostituées sur le boulevard,
Ça, c’est parce qu’ils ont fermé le Bois de Boulogne.
Ces filles d’Afrique et de l’Est sont tellement vulgaires... Non, non,  ça n’est vraiment plus possible !
Moi, je dis qu’ils devraient rouvrir les maisons closes, vous ne croyez-pas ?
Enfin... De toute façon, à la rentrée, nous allons déménager.
Marc nous a déniché une petite maison, avec un gentil jardin. Arthur aura de l’espace.
Et puis, nous envisageons de mettre le deuxième en route. J’ai prévu d’installer ma mère au premier.
Elle est tellement contente.
Rosa aura un peu plus de travail, mais c’est pas pour ce qu’elle fait, celle-là !
Elle n’aime que le repassage, et encore...
C’est à peine si je ne dois pas repasser après elle. C’est fou ce que ces femmes sont paresseuses.
Vous ne trouvez-pas ?
Enfin, Arthur s’est attaché à elle.
Remarquez, elle l’a presque vu naître...
On l’installera au rez-de-chaussée, comme cela, on sera un peu plus tranquille.
Le mercredi, j’ai l’intention d’organiser des goûters pour Arthur et ses amis.
Le jeudi, les femmes du quartier pourront suivre un cours de peinture sur soie à la maison, histoire de tisser de nouvelles relations.
C’est important les relations, n’est-ce pas ?
Marc a tant de travail. Il est toujours en voyage ou en réunion. Alors je me suis dit que Paul pourrait venir dîner avec nous un peu plus souvent, le lundi et le vendredi par exemple.
Paul, c’est mon frère.
On est soudé comme les doigts de la main.
Depuis son divorce, il ne supporte pas la solitude.
Ça se comprend, remarquez.
Les gens sont bizarres ma foi. Pour un oui, pour un non, ils divorcent.
Enfin lui, c’est différent.
Il est plutôt à plaindre.
De toute façon, maman et moi n’aimions pas sa femme, et dès le début de leur mariage, on ne s’est pas privées de lui faire remarquer qu’on préférait le voir seul.
Elle, avec ses airs supérieurs...
On pense qu’elle était avec lui pour l’argent.
Paul est tellement naïf et si gentil, trop gentil même...
Pourtant, c’est vraiment le mari idéal !
Enfin, la vie n’est pas facile pour tout le monde.
Je me rends compte que j’ai bien de la chance.
Notre couple marche à merveille, notre famille est si soudée, maman a encore de belles années devant elle. Non, vraiment, je suis heureuse.

Viendrez-vous nous voir ? ”

© 2006 Texte et peinture : Miriam Naïli

 

 

 

lundi, 23 février 2009

Pompéi

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à la nuit tombée

sa bouche bougie d'eau

laissait couler les mots

 

 

A Pompéi

(

... 

 

Que disait-Elle ?

 

 

© 2006  Texte et illustration : Miriam Naïli

 

mardi, 10 février 2009

Un peu d'histoire...

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 Authentique extrait d'un manuel scolaire  d'économie domestique

 pour les femmes, publié en 1960

 

FAITES EN SORTE QUE LE SOUPER SOIT PRÊT
Préparez les choses à l'avance, le soir précédent s'il le faut, afin qu'un délicieux repas l'attende à son retour du travail. C'est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu ils rentrent à la maison et la perspective d'un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d'un accueil.

SOYEZ PRÊTE
Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d'être détendue lorsqu'il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d'être égayée et c'est un de vos devoirs de faire en sorte quelle le soit.

RANGEZ LE DÉSORDRE
Faites un dernier tour des principales pièces de la maison juste avant que votre mari ne rentre. Rassemblez les livres scolaires, les jouets, les papiers, etc. et passez ensuite un coup de chiffon à poussière sur les tables.

PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L'ANNÉE
Il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d'avoir atteint un havre de repos et d'ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle.

RÉDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MINIMUM
Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez d'encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire.

ÉCOUTEZ-LE
Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n'est pas le moment opportun. Laissez-le parler d'abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne.

NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S'IL RENTRE TARD À LA MAISON
Ou sort pour dîner ou pour aller dans d'autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d'ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit.

NE L'ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLÈMES
Ne vous plaignez pas s'il est en retard à la maison pour le souper ou même s'il reste dehors toute la nuit. Considérez cela comme mineur, comparé à ce qu'il a pu endurer pendant la journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d'aller s'étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Arrangez l'oreiller et proposez-lui d'enlever ses chaussures. Parlez dune voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez pas de questions sur ce qu'il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu'il est le maître du foyer et qu'en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.

LORSQU'IL A FINI DE SOUPER, DÉBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE
Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il na nul besoin de travail supplémentaire.
Encouragez votre mari à se livrer à ses passe-temps favoris et à se consacrer à ses centres d'intérêt et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l'impression d'empiéter sur son domaine. Si vous avez des petits passe-temps vous-même, faites en sorte de ne pas l'ennuyer en lui parlant, car les centres d'intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes.

A LA FIN DE LA SOIRÉE
Rangez la maison afin quelle soit prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit déjeuner à l'avance. Le petit déjeuner de votre mari est essentiel sil doit faire face au monde extérieur de manière positive. Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi promptement que possible.

BIEN QUE L'HYGIÈNE FÉMININE
Soit d'une grande importance, votre mari fatigué ne saurait faire la queue devant la salle de bain, comme il aurait à la faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d'être à votre meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez d'avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème pour le visage ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait le choquer de s'endormir sur un tel spectacle.

EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI
Il est important de vous rappeler vos voeux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S'il estime qu'il a besoin de dormir immédiatement, qu'il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

SI VOTRE MARI SUGGÈRE L'ACCOUPLEMENT
Acceptez alors avec humilité tout en gardant à l'esprit que le plaisir d'un homme est plus important que celui d'une femme, lorsqu'il atteint l'orgasme, un petit gémissement de votre part l'encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

SI VOTRE MARI SUGGÈRE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES
Montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d'enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s'endormira alors rapidement ; ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE RÉVEIL
Afin d'être debout peu de temps avant lui le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu'il se réveillera.

 

 Aujourd'hui, c'était l'histoire de...

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 CA LAISSE RÊVEUR NON ?

 

Le pire, c'est que cela continue dans certains foyers... 

Non, vous ne rêvez pas !

 

 

mardi, 03 février 2009

Vie de modèle, modèle de vie ?

Etre

Fillette  

Demoiselle

Donzelle  

Nana

Muse

Amante  

Maîtresse

Régulière

Compagne

 Concubine

Conjointe

Légitime

Epouse

Bobonne

Bourgeoise

Bonne femme

Personne.........................

 

 

...

 

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

lundi, 02 février 2009

Noces de diamant

 

C'est la fin d'un amour, la fin d'une belle histoire, le point au bout d'une phrase trop courte.
Tu pars. Qu'emmèneras-tu dans tes bagages nuages. De l'eau de pluie des grands hivers ? De la rosée des matins clairs, des sourires, des cris d'enfants, des images arc-en-ciel ? Tu pars. Reste encore un peu. Tiens-moi la main, comme ça. Écoute le printemps chanter dehors, mésange bleue, rouge-gorge. Regarde, le soleil éclabousser le blanc de ta chambre nue, doucement blanc bleu, léger. Tu t'en vas. As-tu assez vécu pour oublier de vivre ? As-tu assez parlé pour à présent te taire ? As-tu assez de tout ? As-tu choisi ton heure ? On dit que les gens tout comme les animaux sentent cela venir, qu'ils s'y préparent lentement sous la paupière fermée, le temps d'un soupir, le temps d'un rêve. Alors à quoi penses-tu ici et maintenant ? Que feras-tu là-bas ? Tu ne peux pas parler. Alors écoute, écoute encore un peu.
J'esquiverai la mort pour parler de la vie. Tu la connais si bien pour l'avoir tant aimée. Je poserai des mots, pour dire en solitaire des pourquoi sans comment. Je dresserai une table entre toi et le ciel pour calmer ta douleur et dissiper ta peur. Je parlerai de toi et de ceux que tu aimes, pour que tu n'oublies rien, pour que tu penses clair.
Devant moi cet album et ces photographies, papier jauni, printemps fleuri. Tu souris en image, innocent, conquérant, songeant à l'avenir, à rencontrer l'amour.
Le cheveu noir fier moutonnant au front de tes vingt ans. Là, c'est sous un oranger. J'aime bien la chemise blanche, le pantalon à pinces, le vernis des souliers. Et ce groupe d'amis. Marseille et son savon, les bêtises de Cambrai. Ton vélo qui t'a si bien porté. Parcourant les campagnes, tu cherchais du travail avec pour seul bagage tes idées, ton talent. Tu t'es fait un métier, et tu le faisais bien. Je te revois rentrer, fatigué mais heureux, sifflotant à la grille un air de nos aïeux. Tout ce que tu faisais semblait touché par la grâce, zèle et fidélité étaient des compagnons, la raison ton amie, l'amour ta passion. Tu en étais le chantre, et moi ton apprentie. Ton regard sur la vie m'a fait pousser des ailes.
Parlez-moi d'amour, redîtes-moi des choses tendres...
Sur des airs oubliés, je chanterai l'amour pour te dire que je t'aime, réveiller ton regard, te bercer un peu plus.
Votre beau discours, mon cœur n'est pas las de l'entendre
Comment te parlerais-je sans pleurer trouble, sans parler triste. Tu es l’homme de ma vie, mon amant précieux, ma maison, mon foyer. Et parlant de ton père, tu me disais souvent, un sourire dans la voix résigné, éphémère : - “Les vieux. A peine ont-ils vécu, un peu, les voilà face à la mort les vieux. Les pensées pleines de souvenir, et la peur de mourir, les vieux. Parfois, ils pensent au temps jadis, jacinthe et muguet, rose et bleuet, parfois, le cœur serré, ils pensent à ce que l'on n'oublie pas. La guerre, le manque, premiers émois. Un mariage en haut des marches devant les amis, le champagne qui pétille, les soucis, la tristesse de l'hiver. Ils ont vécu, les vieux. Ils ont connu l'amour, la tendresse et l'oubli. Ils en ont fait, les vieux des kilomètres à pied, en train ou auto. Ils ont peur les vieux, peur de la nuit, peur de la peur, peur de rien. Ils ont des yeux les vieux, ceux de l'expérience cernée, ceux de l'absence, yeux lourds de soucis, yeux gonflés d'ennuis, yeux qui pleurent, yeux qui rient, parfois encore un peu”.
A présent c'est à toi.
Te voilà mon amour dans un piteux état, une mauvaise passe, suspendu entre vie et trépas. Trop faible pour parler, trop triste pour prier. Et moi entre toi et l'autre, l'inconnu, le grand gouffre, le grand noir, le néant de l'absence. Si seulement je pouvais trouver les mots magiques, la formule qui guérit, je te dirais des choses rose tendre pour consoler ton âme, abréger ta souffrance. Et tu t'en vas, lentement. Combien de temps encore ? Combien de battements de cœurs, le front pâle, la bouche sèche, l'épaule maigre, les doigts figés. Comme cela, tu ressembles à un enfant. Dépendant, silencieux, presque mystérieux. Mais l'enfant, lui, la vie l'attend. Toi, elle te quitte, irrémédiablement. Pourquoi ? On se connaît à peine. Et le silence noir de cette chambre nue. Ce calme blanc trop lourd qui te conduit ailleurs. Attends encore un peu. La mort est peut-être un jeu. Jacques a dit réveille-toi, redeviens celui que tu as été, celui de ton enfance. Redeviens.  Pense à tous ces petits poissons que nous avons pêchés. Moulinet, brochet, épuisette, canif, saucisson, roseau, eau fraîche. Souviens-toi de nos heures tardives, jeux de cartes et discutailles sans souci. Tu prenais le bois pour le coucher dans l'âtre. Ce feu de mes trente ans crépite à mon oreille. Ne pars pas encore, nous avons tout le temps. Ouvre tes yeux, je t'en prie. Ouvre les yeux. Regarde-moi, profond. Sens la vie. Tu sens la vie ? Respire, c'est ça, soupire, c'est ça. Tiens-moi la main. Oui. Comme autrefois. Tiens-la bien, comme quand tu m'apprenais le tango. Ecoute, tu dois vivre, ouvre les yeux, tu dois ouvrir les yeux. C'est ça. Tu ne sais que dire, et tu ne le peux pas, mais tes petits yeux brouillard parlent si bien pour toi. Non, tu ne vas pas mourir. Ecoute. Ecoute le chant du rouge-gorge. Regarde-le, il est là à quelques pas de toi. Tu remues les doigts, c'est bien. Regarde ce rouge, c'est un beau rouge, un peu oranger, comme le sang qui coule dans tes veines. Regarde le sang. Tu vois la veine là ? La vie tape, la vie passe et toi tu es là près de moi. Regarde la branche dehors, celle-là oui. L'amandier en fleur rose, blanche, pleine et généreuse. Je t'en cueillerai un brin. Le pétale blanc et la transparence sous le soleil réveilleront tes sourires. Et le bois tendu comme une grosse tête bien lourde. Et les veines du bois où sourdent le flux, la vie, trop lente, trop courte. Regarde l'arbre. Gros tronc, tronc gros pour son âge. L'arbre folâtre de nos jeunes années. Le tronc, l'écorce, les fêtes aux lampions, les jupes légères, le vin frais, la musique ritournelle. Regarde cet arbre. Te souviens-tu ? Les après-midi solitaires à sucer le brin d'herbe, casquette sur le nez, des questions plein la tête. Des après-midi soleil, heure de la sieste, coquelicot fané. Champ de fleur, été approchant, sourire aux lèvres, nappe pique-nique, bouteille vide, corsage entre ouvert. Sans toi je ne peux vivre.
Et tu t'endors, les paupières lourdes et fatiguées. N'attends pas. Après tout, ce sommeil, tu le mérites. Et tu soupires. Soupire, respire. Pars au pays des rêves, là où les nuits sont plus douces et où le vent n'a pas besoin de souffler. Pars pour un instant encore, endors tes yeux et ton cœur. Tu dors. Et tes paupières couchées sont comme une tente, un abri, un store demi-jour sur tes rêves. Miroir de ton âme alanguie, persiennes de ton esprit. Je veux revoir ce regard franc sans faille, ce bleu limpide direct iris, cornée, cerveau. Je veux revoir le battement de cils, l'œil ouvert, instant magique, la mer et le sable réunis en un regard parasol.

Le temps s'est arrêté.

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

samedi, 17 janvier 2009

LA VIE EST UN JARDIN

jardin3.jpgLa Vie est un jardin précieux. Ephémère à l’image de la nature, elle mérite du soin, du zèle et de l’attention à chaque instant.

 

J’ai vu longtemps mon père travailler sa terre. Il y mettait du cœur pour voir pousser ce qu’il avait semé. J’aime cette image. Il y avait la passion et l’abnégation, face aux phénomènes naturels. Les doryphores abîmaient le « tout-naissant », nous en riions parfois, mais il fallait replanter pour compenser la perte.

 

Le jardin de la Vie est tout aussi complexe. Lorsque nous sommes heureux, que l’amour et la joie inondent notre existence, comme le soleil en plein midi,  il y a aura toujours un nuage : une parole, un geste, quelque chose de déplacé qui déstabilisera pour un temps la plénitude extrême que nous invitons chaque jour à régner. So long…

Avec le temps, nous constatons que rien n’est grave, que chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il est et ce qu’il a. Une chose importe pourtant : ne laissons pas la gangrène s’installer. Rions de la bêtise, mais restons vigilants. Et retournons à notre travail.

Un jardin a besoin d’attention à chaque instant.

Aujourd’hui, Chopin est entré sans frapper dans ma chambre, je souris.

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Bonne semaine à tous !

lundi, 05 janvier 2009

SAVOIR AIMER

 

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C'EST SAVOIR ETONNER...

 

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Je souhaite à chacun(e) d'avoir ce privilège cette année !

 

 

 

 

mercredi, 29 octobre 2008

Phénoménologie d'une vie

A

S...

S’approcher S’observer Se regarder Se sourire Se parler S’écouter S’apprécier S’émouvoir S’entendre S’apprendre Se connaître S’estimer S’attacher Se plaire S’éprendre S'écrire Se revoir Se promener Se toucher Se désirer S’embrasser Se dédier S’embraser S’étendre S’étreindre  S'enlacer Se goûter Se mordre S'enflammer S'écrier Se vouloir S’attacher S’aimer Sans jamais Se blesser Sans jamais se lasser Sans jamais S'épuiser S'écouter Se respecter... S possible

© Texte et illustration : Miriam Naïli

jeudi, 10 juillet 2008

Un jour, tu verras...

Bonjour les ami(e)s.

Je suis heureuse de vous présenter une de mes dernières nouveautés écrites. Une amie auteure m'a fait la surprise de l'enregistrer. Merci Claire !

Pour écouter la lecture, cliquez-sur l'image...

 

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Il y aurait la rumeur
Une pluie d’été qui dort
Quand le soir a choisi
De plier chevalet

Il y aurait la tendresse
La bonté et la grâce
En ce regard de peintre
Qui les dévisagerait

L’enfant de la sagesse
N’a plus toute sa jeunesse
Et la bouche édentée
Il se met à parler :

« Monsieur est amoureux
On le voit dans ses yeux
Ô, Monsieur est heureux
Monsieur a l’air sérieux »

Dessinant à la craie
Quelques visages doux
Il offre à l’or de l’âme
Les sentiments mêlés

Et s’adressant à Elle :

« Rappelez-vous, Mademoiselle !

L’amour fait ce qu’il veut
L’amour est capricieux
Cet amour que je vois
Cet amour est précieux

Dans les sillages du temps,
Vous vous en souviendrez… »

J’irai par ces chemins
Retrouver sa présence
Le flou d’un pas de danse
Et ce baiser sucré

Il y aura la musique
Sur le pavé juillet
Quand la mémoire fredonne

« Un jour, tu verras… »

 

©  Juin 2008 - Miriam Naïli

 

mardi, 10 juin 2008

Autopsie d'un silence

 
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Vous dites une fois avec le sourire quelque chose qui vous interroge

Vous dites dix fois d’un air embarrassé quelque chose qui vous chiffonne

Vous dites cent fois d’un air agacé quelque chose qui vous perturbe

Vous dites mille fois, quelque chose qui vous blesse et vous lèse

Pourtant, vous n’aimez pas à devoir répéter, ressasser, rabâcher quelque chose qui,

d’évidence n’a pas lieu d’être

Mais ce quelque chose est là, qui s’est installé depuis longtemps,

et compte bien rester à sa place

Le temps qui passe n'a pas de pitié

Pourquoi le perdre à vouloir changer ce qui ne peut l’être

pour des raisons obscures ?

 

Vous décidez alors de vous taire 

Et pour des raisons claires,

En silence,

Lentement, 

Un jour

 

Une page est tournée

 

 

 

©   Miriam Naïli

vendredi, 23 mai 2008

Et si... Par là

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Et si l’oiseau vole haut
Je serai à ton bras
Dans ces endroits d’amour
Choisis pour Toi et Moi
Des endroits sans nuages
Car l’amour amoureux
Ne se partage pas
L’amour jeune s’apprivoise
Ne se mélange pas

Dans un coin de ciel bleu
J’ose rêver
Toi et Moi


Et si l’oiseau vole haut
Je serai à ton bras
J’irais où il ira


Par ici

Ou par là


Paris


Je t’aime

 

© Texte et illustration publiés sur "Poésie Française" 

mardi, 25 mars 2008

Lui

Je suis amoureuse comme ça n'est pas permis.
Il est beau. Il est grand. Il est fort.
Il est intelligent. Il est doux.
Il est mûr. Il est prévoyant.
Il est drôle et subtil.
Il est fin et viril.
Il est prévenant.
Il est vaillant.
Il est tout.
Elle a tout.

 

Sa femme a bien de la chance.

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

 

lundi, 17 mars 2008

1969-1999

 

 

 

Il dit qu’avant, j’étais belle, que ce qui lui avait plu au départ chez moi, c’était mon sourire et mes airs de petite fille quand je riais.
Il dit qu’il aimait ma fraîcheur, ma timidité, ma candeur, ma taille fine, mon Patchouli, les longues robes que je mettais.
Il dit aussi qu’il aurait fait n’importe quoi pour me faire plaisir.
Il dit qu’à l’époque, il savait bien que j’en aimais un autre, mais qu’il n’aurait pas supporté que je me retrouve avec « ce moins que rien ».
Il dit que pour sa carrière, c’était mieux qu’il soit marié.
Il dit qu’il a tout fait pour me combler, il parle des enfants que je voulais, ... de la voiture, des vacances à la mer,
de la maison et du jardin, du lapin, de la souris, du chat, du chien…
Il raconte ses heures sup pendant des années pour m’éviter de travailler.
Il dit qu’il a trimé et que sa mission est terminée maintenant que les mômes ont grandi, sont élevés.
Il dit qu’il a fait ce qu’il pouvait, qu’il en a marre des mêmes repas, de la télé, des vacances chez ma mère…
Il dit qu’à la longue, son amour pour moi s’est raccourci.
Il dit qu’il en aime une autre…
Qu’il aime sa jeunesse, sa personnalité, son insolence, sa fantaisie, son humour, son parfum, les mini jupes qu’elle met.
Il dit qu’il se sent revivre, qu’il sait que le temps est compté et qu’il ne veut pas de regrets…

Il dit « je regrette ! »

Il dit qu'il s'est lassé...
Il dit qu’il me laisse tout.
Il dit qu’il me laisse.
C’est tout ce qu’il dit...

C'est tout.

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

jeudi, 13 mars 2008

Jeudi, jour du rapport

 

 

 

 

 

Je suis rentrée de chez maman un jour plus tôt que prévu.

 

Un sacré boulot m’attendait un peu partout dans la maison. Alors, j’ai fait le ménage en écoutant « A l’ombre d’un géant », le dernier disque de François Valery en concert. Lui, je le suis depuis ses débuts… J’adore !

En passant l’aspirateur dans la chambre, j’ai trouvé sous notre lit un slip au milieu des moutons. Une toute petite culotte rouge en dentelle avec un petit nœud devant et une grande échancrure derrière. Dessus, y avait écrit « Anti-Flirt - Taille 34 - ne pas passer en machine »… Sous sa table de nuit, j’ai aussi trouvé un tee-shirt rose fushia, avec une inscription en paillettes : « A consommer sur place ! »…

Après la lessive, j’ai étendu le linge dans le salon à côté du radiateur, avec ses chemises blanches du travail.

Quand il est rentré aux alentours de deux heures du matin, (comme tous les lundis, il était resté au bureau pour terminer un rapport ), il m’a réveillée et il m’a crié dessus :

« - T’as vu ce que t’as fait ?! T’as niqué mes chemises, elles sont toutes roses ! Je vais faire comment moi, maintenant ?! ».

Je me suis excusée et j'ai répondu : « - T’inquiète mon amour, je sais comment on va faire. Dès demain, j’appelle maman, elle a des super trucs de grand-mère pour redonner du blanc au blanc… ».

C’est vrai, maman sait comment y faire pour ces trucs-là.

 

Je me demande comment je ferais sans elle…

 

© Texte et illustration :  Miriam Naïli

 

mercredi, 12 mars 2008

Griserie

 

Délicatement,

Les yeux fermés...

Frottement de nez

C'est comme un jeu

Résister encore un peu...

Délicatement,

Il dégrafe mes sens,

Et me regarde

C'est comme un jeu

Attendre encore un peu...

Délicatement,

Ses yeux caressent mon visage...

Pupilles rondes et brunes

Chaste amant

Son regard va de mes yeux à ma bouche,

De ma bouche à mes yeux...

Délicatement,

Frottement de nez...

Nous penchons nos têtes

D'un même mouvement opposé

Comme une danse de tête

Presque ridicule

Griserie

Ses lèvres plus près des miennes,

Et nous respirons,

Délicatement

Un peu plus fort,

Beaucoup plus fort...

Baiser

Frottement de bouches

Baisers

Envoûtement...

Mélange des sens

En tous sens

Chaleur au bas des reins...

Envie d'étreinte...

Frisson, déraison...

Il est déjà minuit !

 

© Texte et illustration Miriam Naïli 

mardi, 11 mars 2008

Transports en commun

 

 

 

 

 

Un homme regarde une femme.
Il ne sait goutte d’elle,
Sinon ce doux parfum lorsqu’elle traverse ici.
Seulement, le bruit d’étoffe,
Le petit pas pressé,
Le clairon d’une voix qui salue au passage…
Sinon l’altière allure,
Le petit port de tête, la chevelure divine,
Et cette main gracieuse, tendue et quelques pièces,
Les nouvelles qu’elle emporte.
Il se ferait journal, pour être pris comme si,
Contre cette poitrine et la fleur à la broche.
Il se ferait gros titre, pour être lu ainsi,
Effeuillé dans la foule en attendant ce bus,
Caressé du regard distraitement. Nerveux.
Il balbutie des phrases, dans sa tête, comme un rêve.
Il dit des mots velours que personne n’entend,
Comme l’on répète un texte juste avant de jouer.
Il les connaît par cœur depuis le temps passé :
« - Vous… Et si vous permettez. Je… ». Silence.
Des mois que cela dure…
Un homme écoute une femme.
Elle est au téléphone et le sourire radieux,
Un baiser sur les lèvres tendu vers l’Invisible.
Un amoureux fiévreux à l’autre bout du fil ?
Un tout petit enfant ? Une amie ? Une idylle ?
Un homme regarde une femme.
Il ne retient rien d’elle,
Sinon ce doux refrain lorsqu’elle descend ici.
Rien qu’un regard, rapide, délicatement sur lui,
Et ces mots qu’elle adresse timidement aussi :
« Je… Et si vous permettez. Vous… ».
Frôlement. Battements de cœur. Serré.
Balbutiements : « - Pardon ! ».
Cet Inconnu l'attire...
Elle se faufile.
Demain il osera. Promis.
Elle file.
Le temps aussi.

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

lundi, 10 mars 2008

Perturbation

 

 

 

 

 

Moi, si j’étais un homme, je choisirais une nana comme moi et je m’aimerais éperdument.

Je me ferais la cour.

 

Je m’inviterais au restaurant, je me couvrirais de cadeaux, je m’emmenerais en voyage sur des îles merveilleuses...

 

Et, je me ferais l’amour sur la plage, à l’hôtel, sous la douche, dans les parkings, les sous-sols, les ascenseurs, les cabines téléphoniques, les voitures, les cabines d'essayage, les trains, les greniers, les placards, les caves…Moi, si j’étais un homme, je me ferais l’amour, comme une bête...

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

 

 

 

 

vendredi, 07 mars 2008

Pâquerette

 

 

 

Je l'aime

Un peu,

Beaucoup,

Passionnément,

À la folie !

Lui...

 

Pas du tout.

 

 

© 2007 Texte et illustration : Miriam Naïli

mardi, 04 mars 2008

Monsieur Takamédé

 

Barbès – Samedi 18h00. Un homme m’a remis ce petit billet à la sortie du métro :


“Vous-vous sentez seul(e) et abandonné(e). Vous avez des doutes sur votre partenaire - Vous voulez connaître la vérité ? Je travaille n'importe quelles difficultés, même si vous avez du mal qui circule dans votre corps, je vous l'enlève dans deux jours devant vous. Et pour vous donner de la chance, je le fais dans la semaine. Travail entre homme et femme en quelques jours - Vrais résultats. Brillants succès, soixante ans d'expérience, vu à la radio, aucune fausse promesse, des réponses immédiates à toutes vos questions - Toutes recherches possibles – Amours perdues, retour immédiat et définitif de l'être aimé à la date souhaitée - Toute demande spéciale - Travail solide, rapide et efficace - Consultation personnalisée sans rendez-vous - Résultat garanti, Réussit là où les autres ont échoué - Paiement après satisfaction.“
Chez lui c'est tout noir, à cause des rideaux fermés, pour le fluide, il a dit. Aux murs, il y a plein d'animaux empaillés. Au début, ça fait bizarre et puis on s'y fait. Avec lui j'ai vécu une expérience planétaire unique, discrétion absolue.
D'abord, il m'a dit "je vais lever le voile sur votre avenir”. Et puis, il m'a regardé profond dans les yeux. Après il m'a dit "Votre problème, c'est l'amour. Vous avez besoin d'amour, tendresse, fidélité". Après, il m'a fait boire un drôle de liquide dans un grand vase bleu avec des pierres dessus. Ensuite, il m'a dit "Déshabillez vous, je le veux".  Après...

 Après, après, je ne sais plus…

© Texte et illustration : Miriam Naïli

mercredi, 20 février 2008

Entre nous

 

 

Avant

On n’avait pas le sou

On se parlait beaucoup

On s’aimait comme des fous

On se foutait vraiment de tout

C’était doux, nous

Entre nous…

Maintenant

C’est la télé

C’est tout

Après tout

Malgré tout

Entre nous…

S’aimer

Comme on dit

C'est regarder dans la même direction.

Non ?

 

 

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

mardi, 19 février 2008

Marthe

 


Dis-moi à quoi tu penses
Pendant tes insomnies
Comment tu vois ta vie
Si demain te sourit
Tu as pris la cadence
Du paraître et du faire
Et tu te sacrifies
Pourquoi, et pour quoi faire ?
 
Je t’ai connue heureuse
Belle et épanouie
Riant sous les étoiles
Et le cœur plein d’envies
Tu voulais voyager
Découvrir d’autres fleurs
Te voilà toute fanée
Et dis ! Pourquoi tu pleures ?
Tu critiques tes amies
Celles qui osent te dire :
" - Tes enfants vont grandir
Tu sais, on n’a qu’une vie ! "
Demain, tu seras seule
Et tu regretteras
De n’avoir su trouver
La route qui mène à Toi
Dis-moi à quoi tu penses
Pendant tes insomnies
Comment tu vois ta vie
Si demain te sourit

 

©  Texte et illustration : Miriam Naïli

 

dimanche, 17 février 2008

Aimer

 

A la lettre près

Ce serait "Amer"...

Comme s'il manquait  le "i"

Soleil 

Se dirait  Sol

DéSolé

Sans amour

L'âme erre

Comme à terre

L'adulte erre

Sans amour

C'est le vers

Solitaire

Un cri dans le désert :

 

"Aimez-moi !"

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

lundi, 11 février 2008

Souvenir

 


 

J’aime te regarder quand tu dors.


Je pense à tant de choses.
Je pense à ce premier regard timide, troublant, désarmant. Je pense à l’attente, au premier rendez-vous sur cette place,
et l’hôtel…
Je pense à cette main, douce et virile, inconnue, posée là, sur mon sein. Je pense à nos corps chauds et lourds, affolés, affamés. Je n’ai pas oublié. Je n’oublierai jamais. Je pense à ce silence après l’amour.
Silence lourd de sens.
Silence d’escapade.
Silence, double vie...
Disparu, envolé, l’homme était marié.

Je pense à ton père mon bébé.


 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

vendredi, 08 février 2008

La salle des fêtes

 


Dans le quartier, le béton avait fleuri abondamment dans les années cinquante. Pourtant, l'ex-Allée des Vignes, rebaptisée Impasse du Soupir, gardait la trace du temps lointain, où les dames portaient ombrelles et réticules dans des volutes de poudre et de calèches.
Précieusement enfouie dans un dédale d'habitations à loyers modérés, se dressait, impudique, la grande demeure aux allures de manoir. 
Sur le chemin de l'école, je longeais l'étrange refuge, abritant les jours de celle que l'on surnommait l'Anglaise : Mrs Hampton.
Visage inconnu, mais présence certaine que trahissait le filet de fumée s'élevant dans le ciel d'hiver au-dessus de sa maison.
Témoin des heures fastes d'un siècle écoulé, la fine silhouette se tenait penchée et immobile dans l'ombre des longs rideaux d'organdi, jaunis par le temps.
Telle une statue de cire, elle demeurait inlassablement seule dans ce grand salon, à compter les heures et les années, attendant patiemment je ne sais qui, je ne sais quoi...
Dehors, la vigne vierge grimpait le long des vieux murs de pierre.
Les piliers du portail, toujours fermé supportaient deux vases antiques recouverts de mousse rase et douce.
Ayant résisté aux frénésies bétonnières, l'antique bâtisse nichait dans un écrin de verdure où la nature avait repris ses droits.
Seuls, les chats du quartier avaient élu domicile dans cette jungle citadine mystérieuse et interdite.

Mrs Hampton,
J'ignore tout de vous, de votre vie et de votre passé, mais votre présence dans notre quartier a marqué mon enfance d'impressions et d'odeurs qui ont réjoui mon âme.
Improvisé par les saisons, votre jardin  fleurait bon le lilas, le jasmin et l'aubépine. Pensées et soucis y poussaient abondamment. Noyé dans les touffes d'herbes folles, le rosier centenaire livrait ses charmes discrets au passant attentif. Et la glycine formait une ronde subtile au-dessus de la treille où vous veniez jadis, chercher un peu d'air frais les soirs d'été.
Un jour, ils ont rasé votre maison pour y construire la salle des fêtes.
Mrs Hampton, je hais les salles des fêtes.

© Texte et illustration : Miriam Naïli

mardi, 05 février 2008

La pointure

 

 

 

Quand je l'ai épousé, j'étais jeune et naïve. Je croyais que c'était pour la vie. Je croyais que nous serions heureux, et que nous aurions beaucoup d'enfants. Je croyais qu'avec lui, je vivrais des choses extraordinaires et uniques.
Je croyais tout ce qu'il me disait, tout ce qu'il me promettait. Je le croyais romantique, il s'est très vite avéré sadique. Je le croyais vaillant, il était fainéant. Je le croyais heureux, généreux, il était vieux jeu, peureux, envieux.
Je le croyais sincère, il était pervers.
Avec le temps, j'ai compris qu'il faut réfléchir à deux fois avant de s'engager avec quelqu'un. Alors j'ai décidé qu'après le divorce, je prendrais mon temps pour trouver chaussure à mon pied. Une chose est sûre en tout cas, c'est que le prochain sera


Fidèle
Amoureux
Noble
Travailleur
Artiste
Sensationnel
Merveilleux

Emouvant

 

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli