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lundi, 02 juillet 2007

Les quatre vérités

 

 

Elle t'a quitté ?


Je suis désolée.
Mais tu sais, sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, pour toi, c'est tout bénef.
Une de perdue, dix de retrouvées...
Enfin dix de retrouvées, il faut le dire vite !
C'est peut-être un peu beaucoup...
Disons deux ou trois, ce serait déjà pas mal.
Parce que de nos jours, les filles bien, j'entends belles, intelligentes et modestes, ça court pas les rues. Par contre, des nanas comme Corinne, crois-moi, on en trouve à la pelle, pas de souci ! D'ailleurs, je ne comprends toujours pas comment un mec raffiné comme toi a pu sortir avec une pouf pareille. Zéro charme, zéro culture, zéro humour... Et complètement nombriliste par-dessus le marché ! Il n'y en avait que pour sa pomme. Souviens-toi. Elle passait son temps à te couper la parole. Tu ne pouvais jamais finir une phrase. En plus, elle était lourde comme c'est pas permis. Lourde dans tous les sens du terme d'ailleurs. Je dirais même plus, elle était moche si tu veux mon avis. Aucun style, aucune classe...
Sans compter qu'elle était loin d'être sympa avec toi. Toujours à se plaindre, jamais contente... Et puis, surtout, tu n'imagines pas toutes les conneries qu'elle a pu me raconter sur toi, sans prendre de gants en plus ! Elle m'a tout, absolument tout raconté sur votre couple.
Le sexe, l'argent, la famille et j'en passe. D'abord, au lit, elle m'a dit qu'elle s'ennuyait avec toi, que c'était toujours la même chose, qu'il n'y avait pas de nouveauté, pas de fantaisie, pas de plaisir.
Côté fric, elle m'a dit qu'il n'y avait pas plus radin que toi, que tu parlais tout le temps d'argent, que tu trouvais tout toujours trop cher, et que du coup, elle n'avait jamais de fleurs, jamais de cadeaux, jamais de ciné, jamais de resto. Quant à ta famille, n'en parlons pas. Elle a habillé tout le monde pour l'hiver...
"Tous des dégénérés là-dedans. Une mère omniprésente, des frères tous plus débiles les uns que les autres, des belles-sœurs hystériques, des gosses mal élevés, des repas de famille interminables, des problèmes d'héritage à n'en plus finir, la “beauferie” par excellence."
Voilà, texto, ce qu'elle m'a dit de ta famille.
Alors tu vois, il n'y a franchement pas de quoi la regretter !
Moi, je pense qu'en fait, elle ne te méritait pas. Je pense qu'elle n'a pas su voir qui tu étais.
Je pense qu'elle n'a pas compris qu’il te fallait une femme douce, gentille, compréhensive, disponible, sensible et intelligente.
Une femme ouverte, qui t'admire, qui sache te parler, t'écouter, te soutenir quand tu te sens perdu, quand tout va mal, comme maintenant.
Comme maintenant.

© Texte et illustration : Miriam Naïli

Trackbacks

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Commentaires

J'adore. C'est méchant... Mais j'adore !

Ecrit par : Caro La vie en rose | mercredi, 14 septembre 2005

Bien beau commentaire. Merci à vous.

Ecrit par : mimidup | vendredi, 16 septembre 2005

La malédiction de l'humanité est que notre existence dans ce monde n'admet aucune hiérarchie définie et stable, mais que tout s'écoule, tout se répand, tout bouge sans cesse et chacun doit être éprouvé et jugé par chacun, la conclusion des êtres ignares, bornés et obtus n'étant pas moins importante que celle des êtres intelligents, brillants et subtils. L'homme dépend très étroitement de son reflet dans l'âme d'autrui, cette âme fût-elle celle d'un crétin. (in Ferdydurke, Gombrowicz).

Ecrit par : HDB | samedi, 17 septembre 2005

Citation complexe... Pourquoi l'avoir choisie pour ce texte ?
Amitiés
Miriam

Ecrit par : mimidup | lundi, 19 septembre 2005

La plupart du temps, se dire "ses quatre vérités" est un obstacle pour atteindre le septième ciel.

Ecrit par : philoudan | mardi, 27 septembre 2005

Je dirais plutôt pour certains couples. Pour preuve, le dictionnaire des fantasmes et des perversions. Sur certains cela agit comme un puissant stimulant, sur d'autres comme un non moins puissant anaphrodisiaque. Mais la plupart des couples sont selon les jours tantôt ici ou là entre ces deux extrêmes. Cela dit, j'ai pu remarquer que pour beaucoup d'entre eux, se dire "ses quatre vérités" est une sorte de substitut aux flagelles. Dans les maisons clauses, les prostituées utilisaient cette méthode pour "revigorer" leurs clients. Voir aussi le Satyricon de Fellini…

On s'éloigne beaucoup du texte, non ?

Ecrit par : HDB | mardi, 27 septembre 2005

disons qu'une part de mystère permet d'enrober les inévitables mensonges du couple.

Ecrit par : philoudan | mardi, 27 septembre 2005

Interventions intéressantes...
Merci !

Ecrit par : mimidup | mardi, 27 septembre 2005

On ne sait pas si c'est la femme ou l'homme qui est visé au final dans ce texte... cette ambiguïté fait à la fois le charme de ce texte au point de vue littéraire, et sa méchanceté s'il s'agit de choses vraies.

Ecrit par : Ali Baba | mercredi, 19 octobre 2005

On ne sait pas vous dites... Libre à chacun de lire ce texte comme il l'entend. C'est merveilleux !

Merci de la visite

Ecrit par : mimidup | jeudi, 20 octobre 2005

Madame,

Je pense que Corinne avait raison : comment supporter un radin, paresseux au lit, qui oublie votre anniversaire, affublé en prime d'une famille de tarés ?

Mais la question est encore ailleurs : qu'est-ce que lui, ce type infréquentable, a bien pu dire d'elle (Corinne) pour qu'elle finisse par le quitter, alors qu'elle avait accepté dans un premier temps de ne pas voir ces épouvantables tares ?

Quant à la troisième larronne, cette narratrice, toute à sa drague éhontée de ce malheureux amant délaissé, en vue de profiter de la situation, elle est certainement la moins fiable du lot... Car elle assène les paroles de sa concurrente, comme les reprenant à son compte, pour mieux fiche ce malheureux encore plus bas que terre... et ramasser les restes, en bonne castratrice.

Ah, sont beaux les gens, tiens ! Et vous, Mme Dup, je ne vous félicite pas d'en cerner les petits travers avec autant de gourmandise ! Quel exemple ! Je ne reviendrai plus sur ce blogue ! Jamais !

D'ici qu'on dise du mal de moi aussi et de ma famille de beaufs, hein...

Corinne

Ecrit par : Sam | jeudi, 27 juillet 2006

AH ! AH ! AH !

Sacré Sam !

J'ai autant de plaisir à écrire mes portraits qu'à lire vos commentaires...

Vivement le prochain

Ecrit par : Miriam | jeudi, 27 juillet 2006

On dirait qu'elle est aussi furieuse que contente pour sa rupture avc l'autre son esprit" sauvage" a remonté ;)

Ecrit par : Zora | vendredi, 28 juillet 2006

On peut aussi imaginer qu'il a cherché à briser cette amitié. Et si oui, le déballage de la locutrice pourrait avoir deux buts : se venger d'un affront fait à son narcissisme tout en caressant l'oiseau afin de conserver son amitié. Bien joli portrait de maligne en tous les cas.

Ecrit par : Hdb | jeudi, 03 août 2006

Tout d'abord, un grand merci à toi pour ton passage sur mon livre d'or... Ensuite, je vois que tu reviens par ici... C'est vraiment très agréable... Pour ça, merci aussi !

Amitiés

Miriam

Ecrit par : Miriam | jeudi, 03 août 2006

J'aime tes portraits, petite Mimidup

Ecrit par : Amande | mardi, 02 janvier 2007

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