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samedi, 08 mars 2008
8 mars, Journée de l'Infâme...

Elle se lève comme tous les matins, bute contre la table de nuit comme tous les matins (elle s'est jurée de changer la déco de la chambre dès qu'elle aura deux minutes). Elle glisse dans le couloir, bute contre la table à repasser qui vomit le "tas" de la semaine. Jurons étouffés, poings serrés, soupirs... Le lait déborde dans la casserole pendant qu'elle habille le petit dernier. Vite, vite.
Le grand dit qu'il n'a plus de slip propre. L'homme veut savoir où elle a rangé sa cravate orange (celle que sa secrétaire aime bien...). Elle vérifie que tout le monde a son cartable et que les manteaux sont bien fermés. Vite,vite. Et puis c'est le silence... La table maculée, le fond de café froid lapé d'un trait, la vaisselle à laver. Le camion à poubelles en bas. La rumeur des klaxons là-bas.
8 mars - "Vous les femmes..." A la radio, elle écoute des chansons. Celle de Julio lui donne envie de pleurer. Vite, vite. Et Julien Clerc et son "Je vous aime"... "Femme, femme, femme". A la radio, ils disent que c'est la journée de la femme. Et elle pense que pour une fois, ce soir, il sera peut-être gentil avec elle. Et elle pense que pour une fois, l'homme ne lui lèvera pas la main dessus.
L'homme, son mari, celui qui ne l’a pas choisie.
Dis ! C'est quand qu'on lui fait sa fête à lui ?
© Texte et Illustration ("Hiroshima mon enflure" ) : Miriam Naïli
Ce texte a été publié sur Psychologies.com en 2005
07:15 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
"Et elle pense que pour une fois, ce soir, il sera peut-être gentil avec elle."
"Dis, c'est quand qu'on lui fait sa fête à lui ?"
Légèreté des mots qui écrit la dureté des coups qui tombent. Souvenirs, souvenirs...
Ecrit par : patronyx | vendredi, 23 septembre 2005
Cette histoire est très triste mais aussi, hélas, tellement banale et vraie ...
Ecrit par : François | samedi, 04 mars 2006
Récit simple d'une terrible réalité...
Merci pour nous le rappeler et éviter la banalisation.
Ecrit par : Gajulie | samedi, 04 mars 2006
Comment se défendre lorsqu'on dépend de l'homme ???? et surtout lorsqu'il y a des enfants.
Très dur et pourtant si quotidiennement réel pour tant de femmes.
Ecrit par : Kipik | samedi, 04 mars 2006
Parce que comme unique action
Je prône la communication
Parce que sa "déclaration"
Ne doit pas être suivi de sa punition
Le sexe "fort" nous prouve sa faiblesse
A chaque poing donné à une gonzesse
N'est pas viril celui qui hurle et cogne
Il ne sait pas utiliser à bon escient sa rogne
Faire "mâle", c'est gérer sa colère, sa douleur
Pour protéger sa famille, les élus de son coeur...
A bon entendeur...
Ecrit par : tiaâ | lundi, 06 mars 2006
Marié il y a 24 ans au bout d'une semaine de rencontre, toujours amoureux de ma douce avec qui je voyage, je travaille , j'investi, je me cultive, j'élève nos deux filles, avec qui j'ai lutter contre les vents contraires et les tempêtes que comme tous nous avons éssuyé, ma douce qui est de fait mon meilleur copain!
Vos textes sont beaux et proches de la réalité mais j ai beaucoup de mal à lire ce mal vivre homme femme.
J'en suis profondement malheureux.
Oui l'amour existe, c'est la plus belle aventure que l on puisse imaginer.
Pourtant je communique mal et suis sous doué pour exprimer mes sentiments.
Je dois avoir une femme exceptionnelle....
Ou bien mes six soeurs m'ont bien élevé?
Peut etre aussi que la mort à 37 ans de l'une d'entre elle
harcelée et frappée par son mari toubib bcbg m'a conforté dans une non violence militante que j'ai transmis à mes deux filles?
J aime beaucoup la poésie de vos textes.
La douceur des femmes est le seul avenir de l'homme.
Merci
Ecrit par : Ad Hoc | lundi, 06 mars 2006
Miriam, bonsoir,
Je connais bien ce texte et je t'ai dit en son temps combien je le trouvais (et continue à le trouver en cette veille de "journée de la femme" - une belle justification de la part des hommes qui continuent à nous négliger, nous insulter, nous battre, pour la plupart d'entre eux-) fort et tellement signifiant pour beaucoup d'entre nous. Il est temps de revisionner ou de visionner "Une journée particulière" d'Ettore Scola. Il y a dans ce film des messages importants. Entre autres un plaidoyer pour la liberté des femmes bien sûr, mais également pour d'autres minorités qui ont également droit de cité. Il y en a marre de ce "machisme" qui perdure malgré nos luttes. Des luttes auxquelles ils (les hommes) ne semblent (ou ne veulent) décidément rien comprendre. Certes, vingt siècles de pouvoir ne s'abandonnent pas si facilement! Pour ceux qui ne veulent toujours rien entendre, sachez que les hommes (les intelligents et sensibles) qui ont su prêter l'oreille à nos cris, à nos murmures, ne s'en portent pas plus mal. Voire mieux. Leur (s) femme (s) ne s'ennuient plus en baisant (référence à Brassens qui lançait là, à travers une chanson quelque chose d'essentiel). A vous de voir et de réfléchir, messieurs les machistes récalcitrants.
Quant à nous Mesdames, soyons solidaires plutôt que rivales.
Bien à vous.
mr
Ecrit par : martine ravignon | lundi, 06 mars 2006
Mon Cher Toi,
Au début de notre histoire, je me rappelle tous tes mots. Tu m'appelais ta "petite mignonne", ton "bouton de rose". Rien n'était trop beau pour moi, j'étais ta princesse... Tu me caressais les joues de tes belles mains douces et effacais le peu de fard que j'avais sur les paupières : mes yeux n'avaient point besoin d'artifices, tu m'aimais au naturel. Les rondeurs de mes hanches et de mes cuisses te faisaient chavirer, ma chevelure te rendait fou, tu y nichais ton visage en caressant mes boucles rousses. Tu ne te lassais pas de compter les centaines de tâches de rousseur qui maculaient ma peau blanche, suivant du bout du doigt mes veines bleutées comme des routes sur une carte. J'étais celle qui te comblait, qui te comprenait, la seule qui savait t'aimer...
Aujourd'hui, tout est très différent. Et si un jour j'arrive à te quitter, je me souviendrai toute ma vie de tous ces maux. Maintenant, je suis devenue ta "grosse conne", ton "Q.I. de moule". Je ne suis à la hauteur de rien, ce qui t'oblige à prendre des maîtresses... Tu me caresses les joues avec tes poings et y appose chaque jour un hématome supplémentaire : on me croirait grimer pour le carnaval avec les couleurs de l'arc-en-ciel... J'ai perdu beaucoup de poids, d'ailleurs tu le dis toi-même : je te dégoute. Mon corps n'est que douleur et plaies, et pour que je ne t'oublie pas, il y a les cicatrices... Maintenant, quand tu me touches les cheveux c'est pour t'y accrocher et me tirer d'une pièce à l'autre telle une chienne que l'on prend par la peau du cou lorsqu'elle est en faute. Je suis celle que tu hais, ton erreur au quotidien, celle qui te rappelle si bien tes faiblesses... Mais malgré ma machoire fracturée, je n'ai qu'une chose à te dire : le "primate primaire" que tu es ne l'emportera pas au paradis, les types comme toi n'inspire que le mépris et puis... l'oubli. L'oubli, ça c'est la pire des choses...
Ecrit par : tiaâ | mardi, 07 mars 2006
Merci à chacun de votre participation à l'événement prénommé : "Journée internationale de la femme"...
Ecrit par : Miriam | mardi, 07 mars 2006
A tiaâ ... bon courage.
Ecrit par : Ppda | samedi, 08 mars 2008
... bah, Miriam, chère Miriam, il nous faut oublier ces sempiternelles (uniques) Journées annuelles de l'infâme généreusement octroyées à la moitié des êtres humains de cette planête et décréter le début d'un premier Siècle de Fées : c'est dans ce sens que je t'invite (mais visites-tu les autres sites ? J'aime fort la belle Loi de Réciprocité) à voir mes deux articles articles "Si j'étais"... et "Un siècle de Fées"... voilà, j'ai voté pour toi, pas d'soucis... (en fait les prix, euh, moi j'm'en fous un peu!). Bises à toi et belle Amitié-Fée !
Ecrit par : dourvac'h | mardi, 11 mars 2008
Coucou Dourvach'
Bien sûr que je rends visite à beaucoup et même certains pourraient te dire que je hante leurs lieux...
J'ai juste pas eu beaucoup de temps ces derniers jours pour faire les choses comme je voudrais... Une expo ne se fait pas toute seule surtout quand on a un travail et une vie très chargée...
Mais, tu fais bien d'insister, j'arrrrrrrrrrrrrrrrrrrive petite fée !
Bises
Mimi
Ecrit par : Miriam | mardi, 11 mars 2008




