samedi, 26 janvier 2008

Sans-papiers

 

 

Tandis que le boeing caresse les nuages en pluie, jusque là-bas, une déception liquide coule au long de tes joues rebondies, "petite soeur d'Afrique"...
 
Un rêve de famille pesait lourd sur tes frêles épaules.

Et tu leur avais dit fièrement, un peu comme font les enfants :

"- Vous verrez, je m'en sortirai !...".
Tu avais vingt ans à peine. Et tu as essayé...
Et ce sourire blanc toujours amoureux de tes lèvres, même quand tu désespérais... Identité.

Gardes d'enfants, ménages, dépannages en tout genre... Malgré ton bagage. Humilité.
Humiliations multiformes à cause de ta couleur et la bêtise "des blancs", comme tu les appelais.

"- Sans-papiers ? Dégagez !"

Ton rêve d'Eldorado s'éteint soudain au souffle de l'intolérance érigée en principe flinguant, désormais... .

Tu laisses derrière toi cette petite chambre de bonne à tout faire, ton espace, tes mystères... Ta misère. Mon amie.

C'est une bonne et grosse tranche de vie qu'ils ont coupé dans le pain de l'indifférence... Ce sont des tonnes d'espoir, d'envies inassouvies...

A nos adieux, tu as pleuré.

Lorsque tu es partie, j'ai refermé la porte et j'ai revu tous ses moments. C'était hier. J'ai revu ce soleil dans tes yeux devant ce bijou, tes fous rires en goûtant ta première huître, ta pudeur en parlant de ce mariage forcé auquel tu échappas, ton appétit de tout, malgré tous les non-dits... J'ai revu ta révolte et ta peine. Et, j'ai pleuré.

Aussi...

 

 

 

Paris, le 25 juillet 2005

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

 

 

Trackbacks

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Commentaires

Moi, je demande aujourd'hui à chacun d'entre nous
De prendre le temps d'imaginer la situation difficile
De ceux qui viennent d'ailleurs, démunis de tout
Ceux qu'on nomme si élégamment demandeurs d'asile
Est-ce un plaisir d'abandonner son pays, son identité
De perdre sa culture, d'oublier sa langue de coeur
Est-ce un plaisir de n'être plus qu'un Etranger
De perdre sa fierté, d'oublier son honneur
Quand vivre ou plutôt survivre devient vital
Le pays des droits de l'Homme et de la liberté
Devient une cité de rêve, un endroit idéal
Où il doit faire bon vivre, où l'on est respecté
Malheureusement, tout ceci n'est qu'illusion
Réfugiés, Clandestins, Immigrés, voici les patronymes
Auxquels ils devront s'habituer, perdant jusqu'à leur nom
Déshabillés de tout, réduits à rien, à de l'infime
Alors, au lieu de juger trop rapidement au journal du soir
Ces personnes sans papiers, sans résidence
Essayons de nous transposer dans le même cauchemar
Et si demain, nous ne pouvions plus vivre en France...

Ecrit par : tiaâ | vendredi, 21 octobre 2005

Très profond encore ce commentaire qui pose de bonnes questions. Merci pour eux Tiaâ !

Ecrit par : mimidup | vendredi, 21 octobre 2005

Merci a toi..
Agréable moment passé sur ton blog...

Ecrit par : Matts | lundi, 31 juillet 2006

Merci Mimidup.
Je me demandais, quand j'ai vu ton message : lequel, mais lequel a-t-elle choisi ????
Suspense....
Ton choix me va droit au coeur, un de mes portraits préférés...;-))

Ecrit par : Amande | jeudi, 25 janvier 2007

La petite sœur d’Afrique
Avec son espoir
Est si belle...

Un texte sensible!

Ecrit par : Esmira | jeudi, 25 janvier 2007

Bonjour mimi et vous tous,

Une nouvelle fois tu me montres tes qualités de coeur. Ta sensibilité se confond avec ce que tu offres. Un vrai partage ou il est bon de savourer chaque instant.

Merci à toi,
Très bonne journée à toi et à vous tous,
Marie Christine

Ecrit par : Marie Christine | vendredi, 26 janvier 2007

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