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dimanche, 20 août 2006
Ne m'en veux pas Marie

Mon Ode, ma Mie. Peau blanche et longs cils.
Toi qui débutes ta vie sur des malentendus, tu es chaque jour pour quelques secondes, un peu ma fille, dans l'ascenseur qui nous mène à nos étages respectifs.
Le septième pour toi n'a rien d'un paradis si j'en crois les pleurs étouffés au-dessus de ma tête jusque tard dans la nuit.
Les bleus qui ont fleuri le lendemain sur tes petits bras maigres sont le signe d'un désamour intense, d'une infamie sans nom, d'un cruel tourment que tu portes comme une croix trop lourde, funeste présage.
Petite fée des matins blancs, ton nom pourtant, te prédispose à l'innocence et à la pureté, même si tu parles peu et si tu souris pâle.
Témoin éclairé de tes heures sombres, je devine en toi des combats précoces, des pourquoi sans réponse.
Et cette ombre silencieuse qui couvre ton visage avant de franchir ta porte. Tu baisses la tête, soupires profondément, la peur au ventre, le regard inquiet, tu affrontes une fois encore, cette famille que tu n'as pas choisie.
Je prie pour toi Marie.
Je prie pour toi, petit pinson des champs.
Je prie que le vent du Consolateur prenne soin de ton embarcation fragile, te donne un cap plus joyeux, plus léger.
Ta vie t'appartient Marie. Affronte le présent, bats-toi petit poisson. Apprends à dire "non” à tes bourreaux.
Suis ton cœur et tout ira bien.
Les méchants qui t'ont blessée, cette race de chiens assoiffés de haine et de violence, n'ont eu de cesse d'irriguer les pans de ta vie à coups de semonces et de “c'est pour ton bien”.
Patiente encore un peu. L'attente sera courte.
Tu l'ignores encore ce matin et surtout ne m'en veux pas je t'en prie, mais d'un coup de fil, je casse ton malheur, tout ce que tu connais.
Ils viennent te chercher pour te sortir du gouffre et te donner la vie.
Ne t'inquiète pas, petite fleur, tout ira bien.
L'Amour viendra bientôt, tu le reconnaîtras.
Que le mien t'accompagne. Garde-le près de ton cœur, contre ton sein. Il est une rosée de fraîcheur sur ta tête pour les grandes chaleurs, un baume de douceur quand viendra le froid.
Tu n'es pas seule Marie.
Tu as ta vie et c'est beaucoup.
Tu as payé ton tribut et tu n'as pas de dettes.
Grandis à présent, et grandis encore, apprends à rire et à jouer comme tous les enfants de ton âge, sages et insouciants.
Surtout, ne m'en veux pas Marie...
C'est pour ton bien.
© 2005 Miriam Naïli-Dupont
12:20 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note





Commentaires
Sacré dilemme... mais je crois que je ferais de même...
Ecrit par : Dwelsch | lundi, 12 décembre 2005
Terrible instant que celui de l'incertitude
Le temps est suspendu... hésitation...
Comment savoir ? Adopter la bonne attitude...
Prévenir, alerter, SAUVER... délation...
Faire comme les trois singes si célèbres
Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire
Laisser la prétendue victime dans ses ténèbres
Qu'elle se débrouille, elle n'a qu'à s'enfuir !
Le temps s'est arrèté... problèmes de conscience...
Cris... Pompiers... Coups... SAMU...
Constat... Interrogatoire... Enquête... Silences...
Je le savais ! si seulement je ne m'étais pas tue
Si seulement je n'avais pas été aussi lâche...
Je suis tellement désolée !...
Indifférence...
Ecrit par : tiaâ | mercredi, 14 décembre 2005
Merci à vous deux !
Ecrit par : mimidup | jeudi, 15 décembre 2005
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