jeudi, 12 mars 2009

Viendrez-vous nous voir ?

"- Ce gosse est distrait comme son père.
Arthur. Viens ici tout de suite ! Laisse ce chien.
Arthur. Je t’ai déjà dit qu’il ne fallait pas t’éloigner de maman.Viens là mon chéri ! Voilà.
Oui, alors je disais...Non, il n’y a pas de doute, je ne supporte plus ce quartier, le bruit la nuit avec ces petits commerçants ouverts vingt quatre heures sur vingt-quatre, la circulation, la pollution...
Toutes ces prostituées sur le boulevard,
Ça, c’est parce qu’ils ont fermé le Bois de Boulogne.
Ces filles d’Afrique et de l’Est sont tellement vulgaires... Non, non,  ça n’est vraiment plus possible !
Moi, je dis qu’ils devraient rouvrir les maisons closes, vous ne croyez-pas ?
Enfin... De toute façon, à la rentrée, nous allons déménager.
Marc nous a déniché une petite maison, avec un gentil jardin. Arthur aura de l’espace.
Et puis, nous envisageons de mettre le deuxième en route. J’ai prévu d’installer ma mère au premier.
Elle est tellement contente.
Rosa aura un peu plus de travail, mais c’est pas pour ce qu’elle fait, celle-là !
Elle n’aime que le repassage, et encore...
C’est à peine si je ne dois pas repasser après elle. C’est fou ce que ces femmes sont paresseuses.
Vous ne trouvez-pas ?
Enfin, Arthur s’est attaché à elle.
Remarquez, elle l’a presque vu naître...
On l’installera au rez-de-chaussée, comme cela, on sera un peu plus tranquille.
Le mercredi, j’ai l’intention d’organiser des goûters pour Arthur et ses amis.
Le jeudi, les femmes du quartier pourront suivre un cours de peinture sur soie à la maison, histoire de tisser de nouvelles relations.
C’est important les relations, n’est-ce pas ?
Marc a tant de travail. Il est toujours en voyage ou en réunion. Alors je me suis dit que Paul pourrait venir dîner avec nous un peu plus souvent, le lundi et le vendredi par exemple.
Paul, c’est mon frère.
On est soudé comme les doigts de la main.
Depuis son divorce, il ne supporte pas la solitude.
Ça se comprend, remarquez.
Les gens sont bizarres ma foi. Pour un oui, pour un non, ils divorcent.
Enfin lui, c’est différent.
Il est plutôt à plaindre.
De toute façon, maman et moi n’aimions pas sa femme, et dès le début de leur mariage, on ne s’est pas privées de lui faire remarquer qu’on préférait le voir seul.
Elle, avec ses airs supérieurs...
On pense qu’elle était avec lui pour l’argent.
Paul est tellement naïf et si gentil, trop gentil même...
Pourtant, c’est vraiment le mari idéal !
Enfin, la vie n’est pas facile pour tout le monde.
Je me rends compte que j’ai bien de la chance.
Notre couple marche à merveille, notre famille est si soudée, maman a encore de belles années devant elle. Non, vraiment, je suis heureuse.

Viendrez-vous nous voir ? ”

© 2006 Texte et peinture : Miriam Naïli

 

 

 

Trackbacks

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Commentaires

Mais oui, bien-sûr, nous viendrons vous voir
Vous allez tellement nous manquer, Marc et vous
Nous avons tant de plaisir à écouter vos p'tites histoires,
Vos critiques permanentes... et que dites-vous sur nous ?
Vous faîtes partie de ces femmes détestables
Qui, un matin se réveille, et découvre sa couche vide
Marc sera partie avec son assistante, une fille adorable
Et vous, ma chère, vous pourrez compter vos rides...
Arthur va attendre sa majorité avec impatience
Du fond de son internat pour enfants de bonnes lignées
Il vous méprisera, détestera les grandes vacances
Que vous vous ingénierez à lui pourrir, année après année
Bien évidemment vous aurez toujours autour de vous
Une cour de fidèles, semblables à vous-mêmes
Des hypocrites, des lèche-bottes, des bouche-trous
Qui vous devront à vie une reconnaissance extrême...
Alors oui, nous viendrons vous voir, chère amie,
Dans votre charmante propriété à la campagne
Nous viendrons nous délecter de votre lente agonie
Lorsque la solitude restera votre seule compagne...

Vous pouvez compter sur nous, très chère...

Ecrit par : tiaâ | jeudi, 15 décembre 2005

Je t'aime tiaâ, tu comprends tout depuis le début !

Ecrit par : mimidup | jeudi, 15 décembre 2005

Excellent!

Ecrit par : Cristal | vendredi, 16 décembre 2005

Si votre deuxième est une petite fille qui rit aux éclats quand on la chatouille...
Si vous lui avez aménagé un bac à sable...
Si je peux lui raconter des sottises en lui construisant un chateau en Lego dans un coin du séjour...
Je viendrai, oui...
Tenez, je dirai même que j'aime votre manière de transformer les meilleures viandes en bouilli infâme !
Oh, et j'approuverai Paul quand il débouchera une bouteille de Beaujolais insipide et même pas frais, ce qui aurait pu être son seul mérite.
Oui, je suis conciliant, parfois.

Ecrit par : Peter | vendredi, 16 décembre 2005

Géniales vos interventions...
Un grand sourire jusque derrière les oreilles...

Ecrit par : mimidup | samedi, 17 décembre 2005

euh non sans façon chère madame ;-) je crains que nos modes de vie et de pensée soient à l'opposé. Bisous Miriam, heureusement que c'est pas 1 auto portrait

Ecrit par : maylis | jeudi, 11 mai 2006

non sans façon!
car en plus ....
je suis sûre qu'on ne pourra pas emmener notre toutou ça fait des trous dans le jardin ces bêtes là....

Ecrit par : dite | vendredi, 12 mai 2006

Abé un grand jardin, des enfants, une famille formidable, comment refuser?
Des bizettes

Ecrit par : Mélina LOUPIA | vendredi, 22 juin 2007

Voyez vous, très chère inconnue du blog-it, j'apprécie énôôôrmément votre invitation.
Cela tombe vraiment bien, puisque je viens d'acquérir un chapeau remarquablement original que je me ferai un plaisir d'arborer sur le sommet de ma cervelle vide pour cette garden party !

Ecrit par : Miss Alfie | vendredi, 22 juin 2007

oui, oui, très envie de vous voir....rires en cascade. Bonheur de retrouver tes portraits, ma chère Miriam.

Ecrit par : vi | dimanche, 24 juin 2007

Il est tout de même scan-da-leux que les jeudis on n'ait pas prévu d'activité macramé pour les prostituées...parce que la peinture sur soi, on a beau dire, cela ne tisse pas grand chose.

Ecrit par : Gondolfo | mardi, 07 avril 2009

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