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mercredi, 30 janvier 2008
Mon beau père, ce zéro

“- Viens voir par là, toi !
Dis bonjour.
Ferme la porte.
Dépêche-toi.
Assieds-toi ! Tu t'assois ?
Assis je te dis !
Voilà…
Bon.
Jusqu'à nouvel ordre je suis ici chez moi, alors, c'est pas une morveuse de ton espèce qui va faire la loi. C'est clair ?
Alors écoute-moi, toi qui crois tout savoir. Toi qui veux toujours avoir le dernier mot. Maintenant, c'est à moi de parler, tu te tais et tu m'écoutes.
Enlève-moi ces lunettes.
Regarde-moi quand je te parle.
Regarde-moi, je te dis.
Et puis, arrête de tripoter ce trombone.
C'est à croire que tu fais exprès !
Donne-moi ce trombone.
Ma patience a des limites.
Donne-moi ce trombone, je te dis. Voilà. Franchement, il y a des claques qui se perdent. Des claques oui, des claques, c'est tout ce que tu mérites dans ta sale petite g... de...
Ôte tes coudes de la table.
Et enlève-moi cette mèche, je ne vois pas tes yeux.
Enlève-la je te dis.
Regarde-moi quand je te parle.
Tu m'entends ? Tiens-toi droite, t'es vautrée.
Ôte les doigts de ton nez.
Ne me regarde pas comme ça.
Baisse les yeux.
Regarde-moi quand je te parle !
Espèce de... Regarde-toi là.
Ton blouson là, ton tee-shirt là, ton jean là, tes baskets là, tout ça, c'est grâce à qui ?
Hein ? C'est grâce à qui ?
Et tout ce que tu bouffes hein, toutes ces cochonneries que tu bouffes, hein, c'est grâce à qui, hein ?
Qu'est-ce qu'on dit ?
Merci qui ?
Ah ! Tu dis rien, hein ? T'es pas fière hein ?
T'es pas fière hein ?
Allez lève-toi et sors. Va.
Et ferme la porte”.
Ce jour-là, j'ai fermé la porte doucement.
J'aurais dû la claquer. J'aurais dû lui dire l'adolescence et ses troubles, le besoin d'être aimé tel que l'on est.
© Texte et illustration : Miriam Naïli





Trackbacks
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Commentaires
... Ou alors, plus mûre que je ne le pensais alors, j'ai su qu'il y avait des individus pour qui il n'était pas utile de dépenser de la salive. Ces mêmes personnes qui se regardent, toujours satisfaites d'elles-mêmes, dans les miroirs de la vie. Des gens qui ne se remettront jamais en questions, trop imbus d'eux-mêmes, vaniteux et fats, emmurés dans leur petit monde étriqué. Souvent ces mêmes personnes qui voudraient diriger le monde.
Finalement, ce jour-là, j'ai bien fait de me taire. Du moins, je le crois...
Ecrit par : tiaâ | jeudi, 16 mars 2006
Et la Maman dans cette histoire,elle dit quoi ???
Ecrit par : Kipik | jeudi, 16 mars 2006
Très touchante.
Elle ne dit rien, mais seulement après être sortie.
Ecrit par : Amel Boualem | vendredi, 17 mars 2006
.
L'expression "famille recomposée" cache souvent une autre
réalité : "l'amour recomposé"...
J'ai changé de QG Miriam, Elle émoi est remplacé par Abrazo.
Changement extérieur, changement intérieur...
Amitiés
© h r
Ecrit par : Chr | samedi, 18 mars 2006
Je vais encore me faire tuer, mais soit.
J'ai l'habitude.
"Ce jour-là, j'ai fermé la porte doucement."
Magnifique. Totalement juste, oui.
Stop. Arrêt sur émotion.
Ce qui suit sort d'un livre de psycho.
Pas des tripes ou du coeur de la fille.
Elle vient d'assister à quinze minutes de violence gratuite, stupide, humiliante de la part d'un sombre macho qui fait vomir de connerie et de suffisance.
Elle ne parle pas des "troubles de l'adolescence".
Elle est adolescente et elle est troublée.
Elle le hait. Elle est impuissante. Elle souffre.
Je veux l'entendre.
Elle.
Pas la psy d'en face.
:-)
Ecrit par : Peter | dimanche, 19 mars 2006
Mourir, j'aime ça, finalement !
A plus forte raison, si elle se souvient, si elle a vécu cette histoire, elle sait qu'elle naurait pas "pu" le dire, donc elle n'aurait pas "dû" le dire.
D'ailleurs, qui voudrait parler à ce sombre imbécile des "troubles de l'adolescence" ou du "besoin d'être aimée telle qu'on est" ?
C'est insensé, Miriam.
Même cinquante ans et vingt-huit thérapies plus tard, la femme qui parle de cette blessure ne suggère pas une telle réaction.
C'est d'ailleurs très exactement ce que dit Tiaâ :
"Finalement, ce jour-là, j'ai bien fait de me taire. Du moins, je le crois..."
Tue-moi encore !
Et, après, assieds-toi à cette table de cuisine. Fixe les dessins hideux et les taches de café sur la toile cirée. Lève-toi et sors. Ressens. Sens la poignée de la porte dans ta main.
Puis écoute ton coeur écrire une fin vraie.
(Ou tue moi, c'est comme tu le sens, hein !)
:-)
Ecrit par : Peter | dimanche, 19 mars 2006
Tout simplement, ça fout une "claque", pas besoin de plus d'explications...
Ecrit par : l'olive | samedi, 02 février 2008
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