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mardi, 18 mars 2008

Demi-pension

 

Je me fais toute jolie quand tu reviens le soir ; et même, si tu me dis qu’il n’y a plus d’espoir, je fais toujours le même rêve…Ce serait que ces mots-là que tu dis si souvent, connaissent une autre sève, au moins pour un instant, comme celui qui s’abrège… Ce serait que ce jeudi, tu restes plus longtemps… Mais tu as l’air pressé...

Tu dis : «  - J’ai tant à faire ! ». 

Tu dis : « - Je n’ai qu’une vie, il est loin le printemps, et je n’ai plus vingt ans… ».

J’entends…

C'est bien là le mystère... Et j’en ai vu pas mal, des « Berthe » et des pas mûres, des filles qui t’admiraient, montaient dans ta voiture, et puis toi qui mentais… A qui ?

Oh ! Tu sais leur parler : « -Tu es belle, et tu sais… Vois, comme je te désire… ».  

Je connais.

Je sais que tu reviendras, et tu n’as pas le choix... C’est bien là toute ma force. Ici, tu es le roi, ça au moins tu le sais…La chambre n’a pas changé… La porte est grande ouverte…  Et le ménage est fait...

Lorsque tu es parti, je n’ai pas réalisé, à quel point tu comptais, et ô combien je t’aime...

Sais-tu que j’ai changé ?  Oh si !

Tous tes appels me touchent, et me remuent au fond…

J’ai besoin de ta bouche, au moins à regarder. Et lorsque nous parlons, j’avoue, je pense à nous. Je pense à nos baisers, aux premiers rendez-vous… A tout ce que tu vo(u)lais... Passons. 

Reveux tu un café ?  

Tu es mon premier homme, tu es LUI de ma vie, devenu mon idole par la force des choses… Un homme apprivoisé qui tient bien ses promesses. Le père de mes enfants qui me donne des pépettes...

J’attends ces rendez-vous, comme on tremble à entendre, les tous premiers mots tendres :

« - T’es la femme de ma vie, sans toi, je ne vis pas, aime-moi ». Tous ces mots-là résonnent encore même aujourd'hui... Regarde comme ils te ressemblent...

On parle souvent de toi. On voudrait que tu sois là. Pour le bain du petit, la leçon à revoir… Et puis les mercredis, tes clowneries de parc, dans le ciel de nos vies, tes fantaisies nous manquent…

Mais tu refais ta vie, encore une fois de plus. C'est  comme une farce folle, où lorsque j’imagine, qu’une autre femme rigole à tes beaux mots d’esprit… Je pleure.

Avec elle c’est sérieux ? ! Tu appelles moins souvent, bien moins souvent que les autres et je vois dans tes yeux… Le regard amoureux… Celui que tu portais avant que "NOUS" déconne.

Je me suis faite jolie, et tu reviens ce soir. Et tu n’as pas le choix… Tu restes mon leur "papa".

Chaque fois que tu reviens… C’est encore de l’espoir.

Tu comprendras un jour, enfin j'ose le croire…

Je t’aime.

A ma mort, à ta vie, NOUS c’est pour très longtemps.

Sans toi, moi, je survis, juste à cause d'eux. Eux, c'est nous. Non ? 

Je veux que tu reviennes. Je veux que tu reviennes…

C’est l’heure.

Tu pars ? 

Je me ferai furie, juste pour exister.

Je te dirai « - C’est moi ! » quand je téléphonerai.

Je veux que «  l’Autre » sache que tu ne m’as pas laissée et que tu m’aimes encore. Hein dis !

Que nous, c’est pour la vie, mon amour… Je veux que tu subviennes…J'ai peur.

Dis !  M’offriras - tu des fleurs pour mon anniversaire ?

Et la pension, t'y penses hein ?

 

 © Texte et pastel : Miriam Naïli

Commentaires

Je trouve ce texte très dur. Il renvoie à une situation que nous avons tous connue, dans nos vies sentimentales, ou même ailleurs. Etre remplacé, ne plus être celui ou celle qui... L'ego est déchiré, le coeur saigne, mais on ne peut pas rejouer l'histoire. On dit : il faut faire son deuil. Mais ce n'est pas identique à un deuil, non ! Les protagonistes sont toujours vivants, ils ont juste changé de scène. On souffre. C'est injuste. Calimero.

Ecrit par : Douide | lundi, 02 avril 2007

Ah ah ah !

La signature du comm' est trop drôle mon Douïd... Merci de me lire encore, et encore.

Love

Mimi

Ecrit par : Miriam | lundi, 02 avril 2007

La fin est superbe!
" Nous, c’est pour la vie, mon amour…
Dis ! M’offriras - tu des fleurs pour mon anniversaire ?
Et la pension, t'y penses hein ?"
voilà bien la femme vénale dans toutes ses largeurs, plus que l'homme qui l'a quitté elle prefere l'argent et son confort. la pauvre fille.

bonne analyse en 2 dimensions.bravo !

Ecrit par : streamdeck | vendredi, 28 mars 2008

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