mercredi, 23 juillet 2008

LES TEMPS ONT-ILS CHANGE ?

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  Portrait des français

Fanny de Beauharnais (1738-1813)

 

 

Tous vos goûts sont inconséquents :
Un rien change vos caractères ;
Un rien commande à vos penchants.
Vous prenez pour des feux ardents
Les bluettes les plus légères.
La nouveauté, son fol attrait,
Vous enflamment jusqu'au délire :
Un rien suffit pour vous séduire
Et l'enfance est votre portrait.
Qui vous amuse, vous maîtrise ;
Vous fait-on rire ? On a tout fait !
Et vous n'aimez que par surprise.
Vous n'avez tous qu'un seul jargon,
Bien frivole, bien incommode.
Si la raison était de mode,
Vous auriez tous de la raison.

 

 

 

 

 

 

CONCOURS D'ETE...

 

Bonne nouvelle !

Certains d'entre vous ont souhaité un peu plus de délai pour l'envoi des textes.

Qu'à cela ne tienne ! Vous avez donc jusqu'au 10 août pour m'envoyer vos créations en cliquant sur la plume...

Bonne journée à tous !

Miriam

 

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Pour découvrir les contributions envoyées depuis le 1er juillet, cliquez sur les liens ci-dessous

Participation n°1

Participation n°2

Participation n°3

Participation n°4

Participation n°5

Participation n°6

Participation n°7

Participation n°8

Participation n°9

Participation n°10

Participation n°11

 

 

AU SUJET DU CONCOURS…  

Pour la 3ème année consécutive, "A quoi rêvent les filles ?", vous invite à participer à son concours d'été. Cette fois, le thème proposé est : 

 L A   R E C I P R O C I T E

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Ceux qui de près ou de loin, partagent nos vies, sont comme des spectateurs curieux qui attendent qu’on les étonne, qu’on les surprenne, qu’on les ravisse. Ils sont là, à côté de nous par pur hasard, par passion ou par raison. Par-delà, les contingences du quotidien. Des certitudes aux habitudes. De servitude en lassitude...

Qu’avons-nous à leur offrir aujourd’hui de nous-mêmes, qui fasse naître un sourire, un étonnement, une envie permanente, d’être là, au présent ? 

 

       A GAGNER    

 

1er prix  un pastel original

2e et 3e prix  une affiche de la collection

 

Pour participer au concours, il vous suffit de m'envoyer un texte

(poésie, prose, nouvelle, pensée...) avant le 10 août 2008

 

 

 

jeudi, 10 juillet 2008

Un jour, tu verras...

Bonjour les ami(e)s.

Je suis heureuse de vous présenter une de mes dernières nouveautés écrites. Une amie auteure m'a fait la surprise de l'enregistrer. Merci Claire !

Pour écouter la lecture, cliquez-sur l'image...

 

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Il y aurait la rumeur
Une pluie d’été qui dort
Quand le soir a choisi
De plier chevalet

Il y aurait la tendresse
La bonté et la grâce
En ce regard de peintre
Qui les dévisagerait

L’enfant de la sagesse
N’a plus toute sa jeunesse
Et la bouche édentée
Il se met à parler :

« Monsieur est amoureux
On le voit dans ses yeux
Ô, Monsieur est heureux
Monsieur a l’air sérieux »

Dessinant à la craie
Quelques visages doux
Il offre à l’or de l’âme
Les sentiments mêlés

Et s’adressant à Elle :

« Rappelez-vous, Mademoiselle !

L’amour fait ce qu’il veut
L’amour est capricieux
Cet amour que je vois
Cet amour est précieux

Dans les sillages du temps,
Vous vous en souviendrez… »

J’irai par ces chemins
Retrouver sa présence
Le flou d’un pas de danse
Et ce baiser sucré

Il y aura la musique
Sur le pavé juillet
Quand la mémoire fredonne

« Un jour, tu verras… »

 

©  Juin 2008 - Miriam Naïli

 

mardi, 08 juillet 2008

Avant-propos

 

 

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Lettre à une passante

 

Je vous ai croisée un jour par hasard. 

Etait-ce dans un café, une gare, un square ?

Ou bien dans le métro, un matin ou un soir ?


Vous étiez lointaine, et secrète.


Pourtant, un instant, dans vos yeux grands ouverts,

j’ai plongé, et j’ai lu une histoire de votre âme. 

Quelque chose d’éternel : une émotion cachée,

une parcelle de mémoire, une trace d’humanité.

Je les ai trouvées belles et je les ai gardées sur du papier. 

 

Miriam Naïli

 

 

BIENVENUE A VOUS VISITEURS.

MERCI POUR VOS COMMENTAIRES.

ILS SONT MA RECOMPENSE !

 

© Copyright - Création protégée par les lois  sur le droit d'auteur et la protection de la propriété intellectuelle. Il est strictement interdit de la reproduire, dans sa forme ou son contenu, totalement ou partiellement, sans un accord explicite de son auteur. Membre de la  SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et de La  Sacem depuis 1995.  

lundi, 23 juin 2008

Elle attend

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C'est d'abord l'attente légère, insouciante, innocente penchée au balcon de la vie.

Attente amie.

Le temps est court, le temps est bon.

Elle est là. Elle attend.

Attente d'une heure, attente trottoir, attente de gare, attente de square, cœur battant.

Rendez-vous amoureux, rendez-vous heureux.

Attente ravie. Le temps est beau.

Elle est là. Elle attend.

Attente d'un jour, gentiment.

Belle attente, sereine et sage. Attente passion.

Elle est là. Elle attend.

Une semaine, calmement, un mois, un an patiemment.

Attente raison. Le temps est long.

Elle est là. Elle attend. Déjà vingt ans.

Attente panique, jeunesse fanée, bonjour automne, adieu printemps.

Le temps est violent.

Elle était là. Elle attendait.

Un mari, un amant, un ami, un prince du genre charmant.

Le temps est con.

 
©  Miriam Naïli

lundi, 16 juin 2008

L'imparfait du subjectif

 
L'IMPARFAIT DU SUBJECTIF

 

 
Je vous aimais.

 

En vous aimant, j'eusse aimé que vous "m'aimâtes" aussi.

 

Pour vous, je fus l'amante d'un jour.

 

Pour moi, vous fûtes l'aimé d'une vie.

 

Je vous aimais.

 

Je vous aime et vous aimerai encore, toujours.
Je vous aime

©  Miriam Naïli

 

mardi, 10 juin 2008

Autopsie d'un silence

 
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Vous dites une fois avec le sourire quelque chose qui vous interroge

Vous dites dix fois d’un air embarrassé quelque chose qui vous chiffonne

Vous dites cent fois d’un air agacé quelque chose qui vous perturbe

Vous dites mille fois, quelque chose qui vous blesse et vous lèse

Pourtant, vous n’aimez pas à devoir répéter, ressasser, rabâcher quelque chose qui,

d’évidence n’a pas lieu d’être

Mais ce quelque chose est là, qui s’est installé depuis longtemps,

et compte bien rester à sa place

Le temps qui passe n'a pas de pitié

Pourquoi le perdre à vouloir changer ce qui ne peut l’être

pour des raisons obscures ?

 

Vous décidez alors de vous taire 

Et pour des raisons claires,

En silence,

Lentement, 

Un jour

 

Une page est tournée

 

 

 

©   Miriam Naïli

mardi, 03 juin 2008

Carminata fulgens

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Elle se prenait à rêver lorsque le jour n’était plus et que la nuit n’avait pas encore creusé son sillon… C’est précisément à cette heure fugace qu’elle entamait un doux voyage vers les lieux poudrés du silence. En clair-obscur, elle devinait qu’elle abordait une rive joyeuse où rien ne pouvait troubler cette paix profonde d’être soi dans toute sa plénitude. Elle sut alors que personne n’éteindrait ce doux feu qui vibrait en elle… Elle se savait aimée.

Elle se sentait vivante.

 

©  Miriam Naïli

samedi, 24 mai 2008

Longueur d'onde

 

 

Aux casse-la-joie
Aux tue l’amour
Aux envieux
Aux prétentieux

Aux orgueilleux
Aux imbéciles
Et aux méchants
Aux morts-vivants

A toutes ces âmes
En mal de vivre
Qui ne pensent qu'à nuire
Ou à détruire
A tous ces gens
Pétris de haine
Même en silence

De mauvaise graine...

Je tire ma révérence

Car je préfère
Oui je préfère

La compagnie des vivants


©   Miriam Naïli

vendredi, 23 mai 2008

Et si... Par là

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Et si l’oiseau vole haut
Je serai à ton bras
Dans ces endroits d’amour
Choisis pour Toi et Moi
Des endroits sans nuages
Car l’amour amoureux
Ne se partage pas
L’amour jeune s’apprivoise
Ne se mélange pas

Dans un coin de ciel bleu
J’ose rêver
Toi et Moi


Et si l’oiseau vole haut
Je serai à ton bras
J’irais où il ira


Par ici

Ou par là


Paris


Je t’aime

 

© Texte et illustration publiés sur "Poésie Française" 

mardi, 20 mai 2008

Dis-moi comment tu rêves... Et je te dirai

 

 

Le monde appartient à ceux  qui rêvent trop :
les enfants et les amoureux.

Ils croient si facilement que tout est possible...

Ceux-là sont fous quelque part,

mais Dieu que cette folie est belle !

©   Texte et illustration : Miriam Naïli

lundi, 21 avril 2008

Le bonheur simple...

 

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Le soleil

L'amour

La mer

L'amour

Les fleurs

L'amour

L'écriture

L'amour

Les bougies

L'amour

La peinture

L'amour

La musique

L'amour

Les délices

L'amour

La danse

L'amour

Paris matin

L'amour

Les musées

L'amour

Les voyages

L'amour

La passion

L'amour

...

Mon soleil et ainsi de suite...

 

©  Miriam Naïli

 

 

 

jeudi, 27 mars 2008

La Belle au prince dormant

 

 

 

 

Il était une fois, une toute petite fille qui s’était jurée qu’un jour elle rencontrerait son prince charmant, comme Blanche-Neige, Cendrillon et les autres. Il n’y avait aucune raison que cela ne lui arrive pas à elle aussi. Il était une fois…  

Les années ont passé. Il est tard. La toute petite fille est devenue une “vieille fille ”, comme disent les gens que rien n’atteint.

Elle sort du cinéma. Elle voudrait bien qu’on l’aime comme ça. Exactement comme ça. Comme dans ce film. Alors, elle va tout faire pour que ça arrive.   D’abord, elle achète des magazines. Là-dedans, il y a plein de conseils pour rester jeune et belle, pour trouver l’âme sœur, garder l’homme que l’on aime. Menus minceur. Son horoscope lui dit que c’est pour bientôt, mais qu’il ne faut pas trop forcer sur le chocolat et les gâteaux. Menus minceur. Elle s’inscrit à un club de sport. Elle sue, elle y met tout son cœur, elle y met tout son corps. Menus minceur. Le soir elle mange léger en regardant la publicité. Menus minceur. Epuisée, elle s’endort devant la télé allumée.   Et elle rêve.  

 

Dans son rêve, elle est “parfaite” comme disent les gens qui pensent bien. Elle est belle, jeune et mince, comme Blanche-Neige, Cendrillon et les autres. Comme la fille du film, comme celles des magazines.   Et elle rêve…

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

 

mercredi, 26 mars 2008

Vingt mille lieues sous ma mère

 

 

 

On dit que la plupart des rencontres se font dans les lieux publics.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, on ne se rencontrera pas au bal, je ne danse plus depuis mon opération.

On ne se rencontrera pas à l’église, maman ne croit plus en Dieu depuis la mort de papa.

On ne se rencontrera pas au café, je n’irai pas, maman trouve ça vulgaire.

On ne se rencontrera pas chez des amis, je n’en ai pas, maman pense que ça ne sert à rien et que ça finit par coûter cher.

On ne se rencontrera pas chez des voisins, maman ne les aime pas.

On ne se rencontrera pas en vacances, je n’y vais pas, maman pense qu’on est aussi bien chez soi.

On ne se rencontrera pas au travail à présent que je suis à la retraite.

De toute façon, je pars du principe que les rencontres, c’est d’abord une question de hasard.

Alors, ça viendra quand ça viendra.

Et puis maintenant, il y a internet.

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

Nénet.com

gentleman_respectueux :           Bonjour toi !
belle épanouie :                        Bonjour
gentleman_respectueux :           Ca va ?
belle épanouie :                        Non
gentleman_respectueux  :          Pourquoi ?
belle épanouie :                        Personne ne me parle ici ?
gentleman_respectueux :           Si, tu vois, moi chui là !
belle épanouie :                        lol*, merci !
gentleman_respectueux :           Tu viens souvent ici ?
belle épanouie :                        Oui.
gentleman_respectueux :           Tu es où ?
belle épanouie :                        A Courbay-les-Miches.
gentleman_respectueux :           Ah !
gentleman_respectueux :           T’as quel âge ?
belle épanouie :                        65
gentleman_respectueux :           Ah !
belle épanouie :                        Heu, 56, excuse !
gentleman_respectueux :           Ah !.../...


belle épanouie :                        T’es toujours là ?
belle épanouie :                        T’es toujours là ?
belle épanouie ::                       T’es toujours là ?

*lol = sourire


 © Texte et illustration : Miriam Naïli

mardi, 25 mars 2008

Lui

Je suis amoureuse comme ça n'est pas permis.
Il est beau. Il est grand. Il est fort.
Il est intelligent. Il est doux.
Il est mûr. Il est prévoyant.
Il est drôle et subtil.
Il est fin et viril.
Il est prévenant.
Il est vaillant.
Il est tout.
Elle a tout.

 

Sa femme a bien de la chance.

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

 

mardi, 18 mars 2008

Demi-pension

 

Je me fais toute jolie quand tu reviens le soir ; et même, si tu me dis qu’il n’y a plus d’espoir, je fais toujours le même rêve…Ce serait que ces mots-là que tu dis si souvent, connaissent une autre sève, au moins pour un instant, comme celui qui s’abrège… Ce serait que ce jeudi, tu restes plus longtemps… Mais tu as l’air pressé...

Tu dis : «  - J’ai tant à faire ! ». 

Tu dis : « - Je n’ai qu’une vie, il est loin le printemps, et je n’ai plus vingt ans… ».

J’entends…

C'est bien là le mystère... Et j’en ai vu pas mal, des « Berthe » et des pas mûres, des filles qui t’admiraient, montaient dans ta voiture, et puis toi qui mentais… A qui ?

Oh ! Tu sais leur parler : « -Tu es belle, et tu sais… Vois, comme je te désire… ».  

Je connais.

Je sais que tu reviendras, et tu n’as pas le choix... C’est bien là toute ma force. Ici, tu es le roi, ça au moins tu le sais…La chambre n’a pas changé… La porte est grande ouverte…  Et le ménage est fait...

Lorsque tu es parti, je n’ai pas réalisé, à quel point tu comptais, et ô combien je t’aime...

Sais-tu que j’ai changé ?  Oh si !

Tous tes appels me touchent, et me remuent au fond…

J’ai besoin de ta bouche, au moins à regarder. Et lorsque nous parlons, j’avoue, je pense à nous. Je pense à nos baisers, aux premiers rendez-vous… A tout ce que tu vo(u)lais... Passons. 

Reveux tu un café ?  

Tu es mon premier homme, tu es LUI de ma vie, devenu mon idole par la force des choses… Un homme apprivoisé qui tient bien ses promesses. Le père de mes enfants qui me donne des pépettes...

J’attends ces rendez-vous, comme on tremble à entendre, les tous premiers mots tendres :

« - T’es la femme de ma vie, sans toi, je ne vis pas, aime-moi ». Tous ces mots-là résonnent encore même aujourd'hui... Regarde comme ils te ressemblent...

On parle souvent de toi. On voudrait que tu sois là. Pour le bain du petit, la leçon à revoir… Et puis les mercredis, tes clowneries de parc, dans le ciel de nos vies, tes fantaisies nous manquent…

Mais tu refais ta vie, encore une fois de plus. C'est  comme une farce folle, où lorsque j’imagine, qu’une autre femme rigole à tes beaux mots d’esprit… Je pleure.

Avec elle c’est sérieux ? ! Tu appelles moins souvent, bien moins souvent que les autres et je vois dans tes yeux… Le regard amoureux… Celui que tu portais avant que "NOUS" déconne.

Je me suis faite jolie, et tu reviens ce soir. Et tu n’as pas le choix… Tu restes mon leur "papa".

Chaque fois que tu reviens… C’est encore de l’espoir.

Tu comprendras un jour, enfin j'ose le croire…

Je t’aime.

A ma mort, à ta vie, NOUS c’est pour très longtemps.

Sans toi, moi, je survis, juste à cause d'eux. Eux, c'est nous. Non ? 

Je veux que tu reviennes. Je veux que tu reviennes…

C’est l’heure.

Tu pars ? 

Je me ferai furie, juste pour exister.

Je te dirai « - C’est moi ! » quand je téléphonerai.

Je veux que «  l’Autre » sache que tu ne m’as pas laissée et que tu m’aimes encore. Hein dis !

Que nous, c’est pour la vie, mon amour… Je veux que tu subviennes…J'ai peur.

Dis !  M’offriras - tu des fleurs pour mon anniversaire ?

Et la pension, t'y penses hein ?

 

 © Texte et pastel : Miriam Naïli

lundi, 17 mars 2008

1969-1999

 

 

 

Il dit qu’avant, j’étais belle, que ce qui lui avait plu au départ chez moi, c’était mon sourire et mes airs de petite fille quand je riais.
Il dit qu’il aimait ma fraîcheur, ma timidité, ma candeur, ma taille fine, mon Patchouli, les longues robes que je mettais.
Il dit aussi qu’il aurait fait n’importe quoi pour me faire plaisir.
Il dit qu’à l’époque, il savait bien que j’en aimais un autre, mais qu’il n’aurait pas supporté que je me retrouve avec « ce moins que rien ».
Il dit que pour sa carrière, c’était mieux qu’il soit marié.
Il dit qu’il a tout fait pour me combler, il parle des enfants que je voulais, ... de la voiture, des vacances à la mer,
de la maison et du jardin, du lapin, de la souris, du chat, du chien…
Il raconte ses heures sup pendant des années pour m’éviter de travailler.
Il dit qu’il a trimé et que sa mission est terminée maintenant que les mômes ont grandi, sont élevés.
Il dit qu’il a fait ce qu’il pouvait, qu’il en a marre des mêmes repas, de la télé, des vacances chez ma mère…
Il dit qu’à la longue, son amour pour moi s’est raccourci.
Il dit qu’il en aime une autre…
Qu’il aime sa jeunesse, sa personnalité, son insolence, sa fantaisie, son humour, son parfum, les mini jupes qu’elle met.
Il dit qu’il se sent revivre, qu’il sait que le temps est compté et qu’il ne veut pas de regrets…

Il dit « je regrette ! »

Il dit qu'il s'est lassé...
Il dit qu’il me laisse tout.
Il dit qu’il me laisse.
C’est tout ce qu’il dit...

C'est tout.

 

© Texte et illustration : Miriam Naïli

jeudi, 13 mars 2008

Jeudi, jour du rapport

 

 

 

 

 

Je suis rentrée de chez maman un jour plus tôt que prévu.

 

Un sacré boulot m’attendait un peu partout dans la maison. Alors, j’ai fait le ménage en écoutant « A l’ombre d’un géant », le dernier disque de François Valery en concert. Lui, je le suis depuis ses débuts… J’adore !

En passant l’aspirateur dans la chambre, j’ai trouvé sous notre lit un slip au milieu des moutons. Une toute petite culotte rouge en dentelle avec un petit nœud devant et une grande échancrure derrière. Dessus, y avait écrit « Anti-Flirt - Taille 34 - ne pas passer en machine »… Sous sa table de nuit, j’ai aussi trouvé un tee-shirt rose fushia, avec une inscription en paillettes : « A consommer sur place ! »…

Après la lessive, j’ai étendu le linge dans le salon à côté du radiateur, avec ses chemises blanches du travail.

Quand il est rentré aux alentours de deux heures du matin, (comme tous les lundis, il était resté au bureau pour terminer un rapport ), il m’a réveillée et il m’a crié dessus :

« - T’as vu ce que t’as fait ?! T’as niqué mes chemises, elles sont toutes roses ! Je vais faire comment moi, maintenant ?! ».

Je me suis excusée et j'ai répondu : « - T’inquiète mon amour, je sais comment on va faire. Dès demain, j’appelle maman, elle a des super trucs de grand-mère pour redonner du blanc au blanc… ».

C’est vrai, maman sait comment y faire pour ces trucs-là.

 

Je me demande comment je ferais sans elle…

 

© Texte et illustration :  Miriam Naïli

 

mercredi, 12 mars 2008

Griserie

 

Délicatement,

Les yeux fermés...

Frottement de nez

C'est comme un jeu

Résister encore un peu...

Délicatement,

Il dégrafe mes sens,

Et me regarde

C'est comme un jeu

Attendre encore un peu...

Délicatement,

Ses yeux caressent mon visage...

Pupilles rondes et brunes

Chaste amant

Son regard va de mes yeux à ma bouche,

De ma bouche à mes yeux...

Délicatement,

Frottement de nez...

Nous penchons nos têtes

D'un même mouvement opposé

Comme une danse de tête

Presque ridicule

Griserie

Ses lèvres plus près des miennes,

Et nous respirons,

Délicatement

Un peu plus fort,

Beaucoup plus fort...

Baiser

Frottement de bouches

Baisers

Envoûtement...

Mélange des sens

En tous sens

Chaleur au bas des reins...

Envie d'étreinte...

Frisson, déraison...

Il est déjà minuit !

 

© Texte et illustration Miriam Naïli 

mardi, 11 mars 2008

Transports en commun

 

 

 

 

 

Un homme regarde une femme.
Il ne sait goutte d’elle,
Sinon ce doux parfum lorsqu’elle traverse ici.
Seulement, le bruit d’étoffe,
Le petit pas pressé,
Le clairon d’une voix qui salue au passage…
Sinon l’altière allure,
Le petit port de tête, la chevelure divine,
Et cette main gracieuse, tendue et quelques pièces,
Les nouvelles qu’elle emporte.
Il se ferait journal, pour être pris comme si,
Contre cette poitrine et la fleur à la broche.
Il se ferait gros titre, pour être lu ainsi,
Effeuillé dans la foule en attendant ce bus,
Caressé du regard distraitement. Nerveux.
Il balbutie des phrases, dans sa tête, comme un rêve.
Il dit des mots velours que personne n’entend,
Comme l’on répète un texte juste avant de jouer.
Il les connaît par cœur depuis le temps passé :
« - Vous… Et si vous permettez. Je… ». Silence.
Des mois que cela dure…
Un homme écoute une femme.
Elle est au téléphone et le sourire radieux,
Un baiser sur les lèvres tendu vers l’Invisible.
Un amoureux fiévreux à l’autre bout du fil ?
Un tout petit enfant ? Une amie ? Une idylle ?
Un homme regarde une femme.
Il ne retient rien d’elle,
Sinon ce doux refrain lorsqu’elle descend ici.
Rien qu’un regard, rapide, délicatement sur lui,
Et ces mots qu’elle adresse timidement aussi :
« Je… Et si vous permettez. Vous… ».
Frôlement. Battements de cœur. Serré.