lundi, 10 mars 2008
Perturbation

Moi, si j’étais un homme, je choisirais une nana comme moi et je m’aimerais éperdument.
Je me ferais la cour.
Je m’inviterais au restaurant, je me couvrirais de cadeaux, je m’emmenerais en voyage sur des îles merveilleuses...
Et, je me ferais l’amour sur la plage, à l’hôtel, sous la douche, dans les parkings, les sous-sols, les ascenseurs, les cabines téléphoniques, les voitures, les cabines d'essayage, les trains, les greniers, les placards, les caves…Moi, si j’étais un homme, je me ferais l’amour, comme une bête...
© Texte et illustration : Miriam Naïli
10:00 Publié dans Délire | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES
mardi, 04 mars 2008
Monsieur Takamédé

Barbès – Samedi 18h00. Un homme m’a remis ce petit billet à la sortie du métro :
“Vous-vous sentez seul(e) et abandonné(e). Vous avez des doutes sur votre partenaire - Vous voulez connaître la vérité ? Je travaille n'importe quelles difficultés, même si vous avez du mal qui circule dans votre corps, je vous l'enlève dans deux jours devant vous. Et pour vous donner de la chance, je le fais dans la semaine. Travail entre homme et femme en quelques jours - Vrais résultats. Brillants succès, soixante ans d'expérience, vu à la radio, aucune fausse promesse, des réponses immédiates à toutes vos questions - Toutes recherches possibles – Amours perdues, retour immédiat et définitif de l'être aimé à la date souhaitée - Toute demande spéciale - Travail solide, rapide et efficace - Consultation personnalisée sans rendez-vous - Résultat garanti, Réussit là où les autres ont échoué - Paiement après satisfaction.“
Chez lui c'est tout noir, à cause des rideaux fermés, pour le fluide, il a dit. Aux murs, il y a plein d'animaux empaillés. Au début, ça fait bizarre et puis on s'y fait. Avec lui j'ai vécu une expérience planétaire unique, discrétion absolue.
D'abord, il m'a dit "je vais lever le voile sur votre avenir”. Et puis, il m'a regardé profond dans les yeux. Après il m'a dit "Votre problème, c'est l'amour. Vous avez besoin d'amour, tendresse, fidélité". Après, il m'a fait boire un drôle de liquide dans un grand vase bleu avec des pierres dessus. Ensuite, il m'a dit "Déshabillez vous, je le veux". Après...
Après, après, je ne sais plus…
© Texte et illustration : Miriam Naïli
08:05 Publié dans Délire | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
samedi, 26 janvier 2008
L'amère à l'enfant

Je t'aime,
Ne pars pas...
Je t'aime, je t'aime...
Ne me laisse pas...
Tu ne dis rien,
Tu ne parles pas...
As-tu assez de moi ?
Viens, viens...
Donne, donne...
Je veux, je veux tout,
Tout de toi... Et plus...
Aime-moi
Tu ne parles pas...
Tu ne me regardes pas...
Je t'en prie, ne te lasse pas...
Aime-moi, aide-moi...
Tu pars ?
Pourquoi ?
Laisse, cette fille n'est pas pour toi...
Tu n'as que trente ans.
Ne te lasse pas.
Ne me laisse pas.
Mon fils.
© Texte et illustration : Miriam Naïli
08:15 Publié dans Délire | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 20 juillet 2007
Frissons

J'aime trop lire.
Ce que je préfère, c'est les livres de la Collection Arnaquin. Je les ai presque tous.
Le dernier, je l'ai lu au moins trois fois.
J'adore l'histoire.
Au début, la fille, elle est mal barrée. Elle est triste, elle est seule, et, comme elle a du mal à joindre les deux bouts, elle travaille dans un bureau, pour un type beau comme un dieu, avec des muscles comme ça. Un type plein aux as, avec une bagnole comme ça. Le type, il est presque jamais là, il fait presque rien, tandis que la fille, elle fait des horaires pas possible, du coup, elle est crevée, elle a des cernes, elle est stressée. Un soir, quand tout le monde est parti, il lui demande de rester un peu plus tard pour taper un truc, alors, la fille, elle craque. J'aime bien quand elle craque. Elle lui met une claque. Alors, d'un coup, il la prend, il la plaque sauvagement contre son bureau et il lui roule le patin du siècle. Ça, c'est à la page vingt-six. Après, ils font comme si rien ne s'était passé.
Après, la mère de la fille tombe malade, alors la fille, elle donne sa démission pour s'occuper de sa mère, et le temps passe. Un jour, le mec croise la fille dans un cocktail. La fille, elle est tellement belle qu'il ne la reconnaît pas tout de suite.
A la fin de la soirée, il la ramène chez elle dans sa décapotable rouge et puis...
J'ai un trou...
Ah oui, et puis, c'est ça oui, il l'embrasse, et puis, il lui caresse les seins, super longtemps. Mais la fille, elle craque. J'aime bien quand elle craque. Elle lui file une claque, elle descend de la voiture en claquant la porte. Après, elle reste là sur le trottoir et elle pleure, elle pleure, elle arrête pas de pleurer. A ce moment-là, un mec arrive sur le trottoir d'en face, il lui tend un mouchoir, il lui dit deux trois mots et puis il essaie de l'embrasser. La fille, elle craque. Elle lui file une claque et puis lui, il essaie de la violer sur le trottoir. Pile poil à ce moment-là, la décapotable rouge revient. Le type sort de la voiture, casse la gueule au mec, il fait monter la fille, et il démarre à toute vitesse.
Et c'est la fin du premier tome.
Vivement le prochain.
©Texte et illustration : Miriam Naïli
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dimanche, 31 décembre 2006
Petite annonce

Ce jour-là, il faisait beau, il faisait chaud.
Mon horoscope m'avait prévenue : “- Attendez-vous à rencontrer l'amour”. Je portais des petites mules à paillettes, une mini jupe blanche, un string rouge, un percing au nombril, un tatouage avec un cœur sur le bras gauche.
Quand je vous ai vu, j'ai tout de suite su qu'il allait se passer quelque chose d'important, qu'en l'espace d'un regard, ma destinée allait changer. En effet, dès l'instant où vous m'avez regardée, vous retournant à plusieurs reprises sur mon passage, ma vie n'a plus été la même.
Depuis que je vous ai vu, je ne dors plus, je ne mange plus, je ne me lave plus, je ne m'habille plus, je ne me coiffe plus, je ne me maquille plus, je ne me parfume plus, je ne ris plus, je ne chante plus, je ne sors plus, je ne bouge plus.
Alors, je vous en prie, si vous me reconnaissez, écrivez au journal qui transmettra.
© 2005 Miriam Naïli-Dupont
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