samedi, 03 mai 2008
"Lettre à une passante"
Je vous ai croisée un jour par hasard.
Etait-ce dans un café, une gare, un square ?
Ou bien dans le métro, un matin ou un soir ?
Vous étiez lointaine, et secrète.
Pourtant, un instant, dans vos yeux grands ouverts,
j’ai plongé, et j’ai lu une histoire de votre âme.
Quelque chose d’éternel : une émotion cachée,
une parcelle de mémoire, une trace d’humanité.
Je les ai trouvées belles et je les ai gardées sur du papier.
Bienvenue à vous visiteurs dans mon univers d'écriture et de peinture.
Je réalise la plupart de mes portraits au pastel.
Pour découvrir une partie de la collection ou laisser un message sur mon livre d'or...Merci à vous pour vos commentaires sur les notes. Ils sont ma récompense.
Bonne visite !
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08:57 Publié dans Sourire | Lien permanent | Commentaires (194) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES
mercredi, 26 mars 2008
Vingt mille lieues sous ma mère

On dit que la plupart des rencontres se font dans les lieux publics.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, on ne se rencontrera pas au bal, je ne danse plus depuis mon opération.
On ne se rencontrera pas à l’église, maman ne croit plus en Dieu depuis la mort de papa.
On ne se rencontrera pas au café, je n’irai pas, maman trouve ça vulgaire.
On ne se rencontrera pas chez des amis, je n’en ai pas, maman pense que ça ne sert à rien et que ça finit par coûter cher.
On ne se rencontrera pas chez des voisins, maman ne les aime pas.
On ne se rencontrera pas en vacances, je n’y vais pas, maman pense qu’on est aussi bien chez soi.
On ne se rencontrera pas au travail à présent que je suis à la retraite.
De toute façon, je pars du principe que les rencontres, c’est d’abord une question de hasard.
Alors, ça viendra quand ça viendra.
Et puis maintenant, il y a internet.
© Texte et illustration : Miriam Naïli
17:15 Publié dans Soupir | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES
lundi, 10 mars 2008
Perturbation

Moi, si j’étais un homme, je choisirais une nana comme moi et je m’aimerais éperdument.
Je me ferais la cour.
Je m’inviterais au restaurant, je me couvrirais de cadeaux, je m’emmenerais en voyage sur des îles merveilleuses...
Et, je me ferais l’amour sur la plage, à l’hôtel, sous la douche, dans les parkings, les sous-sols, les ascenseurs, les cabines téléphoniques, les voitures, les cabines d'essayage, les trains, les greniers, les placards, les caves…Moi, si j’étais un homme, je me ferais l’amour, comme une bête...
© Texte et illustration : Miriam Naïli
10:00 Publié dans Délire | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES
lundi, 10 décembre 2007
Svetlana

Ce soir de décembre, une belle lune ronde et pleine irradie d’une clarté blanche la silhouette enfumée des cheminées de l’immeuble d’en face.
Par endroits, quelques appartements baignent dans la lumière bleutée des tubes cathodiques.
Comme chaque soir à l’heure du souper et des informations, quand les enfants fraîchement douchés sont déjà en pyjama, elle rentrera chez elle, allumera l’entrée, posera son sac et le courrier sur la table basse du salon, s’écroulera sur le petit Chesterfield pour consulter les messages du répondeur.
L’air songeur, elle restera prostrée, le regard dans le vide.
Puis elle disparaîtra un instant dans la cuisine, pour se servir un verre, reviendra dans le salon, ouvrira fébrilement son paquet de lettres ou de factures, passera quelques coups de fil avant d’allumer la télévision.
Depuis qu’elle s’est installée dans ce petit studio du troisième, Fanny semble mener une vie de célibataire sans surprise et sans sourire. Je l’ai baptisée Fanny dès sa première apparition. Ce nom lui va bien.
Fine et longue, blonde et pâle comme un cierge de cathédrale, elle porte les cheveux longs bouclés, défie la mode avec des petites robes classiques à coupe simple qui ne retirent rien à sa beauté sobre et troublante.
Le génie du poids des ans n’a pas altéré la jeunesse enfouie dans ce corps d’adolescente de quarante ans.
J’imagine qu’elle doit travailler dans une boîte où on ne compte pas le temps. Secrétaire ou femme d’affaires, elle ne connaît pas les trente-cinq heures, toute dédiée à un patron qui abuse de sa faiblesse de femme seule dans cette période de récession.
Après un petit tour dans la salle de bain, elle apparaît dans son long peignoir blanc, brosse longuement sa chevelure volumineuse avant d’attaquer un plateau télé de fond de frigo.
Elle n’a pour ainsi dire jamais de visite et je ne lui connais pas d’amoureux, ni de famille.
Elle meuble sa solitude en écoutant de la musique jusqu’à des heures tardives.
Parfois, je la surprends dansant un slow langoureux avec un partenaire imaginaire en attendant de trouver le sommeil. Ce moment d’émotion fragile et désespérée semble griser son âme d’impressions folles, de pensées inavouables.
Cette scène souvent répétée précède l’heure où elle regagne sa chambre, elle se termine la plupart du temps dans les larmes et les sanglots étouffés.
Mais ce soir, Fanny n’est pas rentrée. Je regarde les heures défiler et j’attends. Un étage plus bas, c’est Luc. Il est illustrateur free-lance, surfe beaucoup sur internet pendant la journée et dessine surtout le soir, jusque tard dans la nuit. Mais ce soir, Luc ne travaille pas. La table est dressée avec les bougies.
Ça sent le dîner en tête à tête. Quelqu’un sonne à sa porte. Il enlace délicatement la silhouette de femme, porte un baiser au cou. Cette allure, cette chevelure, je les connais. Fanny est joyeuse et légère. je ne l’ai jamais vue sourire ainsi. Fanny est amoureuse.
Trois jours plus tard, au petit matin, Luc l’interpelle dans la rue :
- Svetlana !
De sa main ouverte, il lui envoie un baiser aérien.
De ces baisers qu’on ne voit qu’au cinéma.
Fanny n’existe pas.
© Texte et illustration : Miriam Naïli
14:50 Publié dans Sourire | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FEMMES




